Etude de la crise de Cuba à travers le discours de J.F Kennedy

La crise de Cuba à travers discours de Kennedy

 

Discours télévisé du président Kennedy le 22 octobre 1962.

«… Cette décision soudaine et clandestine d’implanter pour la première fois des armes stratégiques hors du solsoviétique constitue une modification délibérément provocatrice et injustifiée du statu quo, qui ne peut êtreaccepté par notre pays, si nous voulons que nos amis et nos ennemis continuent à avoir confiance dans notre courage et notre parole. Les années 1930 nous ont enseigné une leçon claire: les menées agressives, si on leur permet de s’intensifier sans contrôle et sans contestation, mènent finalement à la guerre. Notre politique a été une politique de patience et de modération. Nous ne risquerons pas prématurément ou sans nécessité le coût d’une guerre nucléaire mondiale, mais nous ne nous déroberons pas à ce risque à quelque moment que nous ayons à y faire face.

En conséquence, j’annonce l’institution d’une quarantaine rigoureuse sur tout équipement militaire offensif acheminé vers Cuba. La politique de notre pays sera de considérer tout lancement de missile nucléaire à partir du sol cubain, contre toute nation de l’hémisphère occidental, comme une attaque de l’Union Soviétique contre les Etats-Unis, appelant en représailles, une riposte complète contre l’URSS.

Je demande la convocation du Conseil de l’Organisation des Etats américains et du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies. J’invite Monsieur Khrouchtchev à abandonner son entreprise de domination mondiale, à retirer ses armes de Cuba et à se joindre à un effort historique en vue de mettre fin à la dangereuse course aux armements…»

in Belin, Histoire Terminales (F.Lebrun, V.Zanghellini) 1983

 

Questions :

1. Présentez le document (nature,auteur, intérêt)

2. Rappelez la situation politico-économique de Cuba au début des années 1960 et replacez la crise dans le contexte international de cette même période.

3. Analysez tous les arguments employés par Kennedy pour justifier l’intervention

4. Quelles mesures préconise-t-il pour faire reculer l’Union Soviétique ?

5. Vous conclurez en rappelant brièvement comment la crise s’est terminée.

la crise de Cuba Corrigé du commentaire d’un document.

 

Réponses à la question 1 :

Le document est un extrait de l’allocution télévisée prononcée par John.F Kennedy président démocrate des Etats-Unis depuis 1960, adepte d’une politique de Détente à l’extérieur mais restant toutefois inflexible face à la menace communiste.

L’objectif de Kennedy dans ce discours télévisé est de justifier, vis à vis de la Nation américaine toute entière, sa politique de fermeté dans une crise qui menace directement les Etats-Unis. Il doit trouver une issue pour éviter l’affrontement direct.

 

Réponse à la question 2 :

La situation politico-économique de cuba au début des années 1960 est celle d’un pays latino-américain qui vient de renverser une dictature, celle de Batista, soutenue par les Etats-Unis. Les pressions économiques (embargo sur le sucre) ou militaires (débarquement avorté sur la « baie des Cochons ») américaines aggravent la situation en poussant le nouveau dirigeant, Fidel Castro, à se rapprocher des soviétiques qui installent des missiles à Cuba …Dans un contexte de coexistence pacifiquet, Kennedy devait faire face, un an après Berlin, à la seconde crise internationale qui menaçait la paix mondiale ; le discours est prononcé au paroxysme de la crise de Cuba: le 22 octobre 1962.

 

Réponse à la question 3 :

Kennedy justifie son intervention en rejetant la responsabilité de cette crise sur l’URSS: «Cette décision soudaine et clandestine d’implanter pour la première fois des armes stratégiques hors du sol soviétique ». Il estime qu’il doit réagir pour honorer la parole des Etats-Unis envers leurs « amis », tant les cubains proaméricains que les Occidentaux liés aux Etats-Unis par des Alliances (O.T.A.N ou l’O.E.A). Par contre, vis à vis des « ennemis » il faut montrer le courage américain et rappeler que le pays n’a jamais cédé à la menace (comme ce fût le cas pour Berlin Ouest). Kennedy prend aussi l’histoire à témoin en évoquant « les menées agressives » qui « mènent finalement à la guerre. » Le laisser aller des démocraties européennes face au nazisme dans les années 1930 ayant abouti au second conflit mondial ; le passé doit servir d’enseignement.

On sait aussi que les Soviétiques, ont plus d’une fois manifesté leur prosélytisme politique et militaire: (Blocus de Berlin, répression en Hongrie, mur de Berlin…). Or, lors de ces crises, les Etats-Unis, d’après Kennedy, ont fait preuve de « patience et de modération », cherchant toujours à éviter l’affrontement direct. Mais cette fois les données ne sont plus les mêmes, Khrouchtchev a été trop loin car pour la première fois dans l’histoire de la guerre froide, le territoire américain est menacé directement. Il ne s’agit plus d’un affrontement indirect lointain tel la Corée, l’Egypte où même l’Europe, mais d’une potentialité d’affrontement nucléaire entre les leaders des deux blocs.

 

Réponse à la question 4 :

Pour faire face à une telle menace, les mesures doivent être exceptionnelles: "J’annonce l’institution d’une quarantaine rigoureuse sur tout équipement militaire offensif acheminé vers Cuba." Ainsi tous les navires croisant vers Cuba seront arraisonnés par la flotte américaine. Puis Kennedy va plus loin en globalisant le conflit: "il appelle à des représailles, une riposte complète contre l’Union Soviétique." ; il ne s’agit plus de « riposte graduée » mais d’un risque de d’affrontement direct pouvant dégénérer en conflit mondial nucléaire du fait des alliances au sein des deux blocs. Après ces menaces, Kennedy propose tout de même une issue diplomatique, d’abord en faisant appel à l’O.N.U. dont le rôle fondamental est de préserver la paix mondiale, puis au bon sens du "père de la coexistence pacifique", Khrouchtchev lui-même: " J’invite Monsieur Khrouchtchev (…) à se joindre à un effort historique en vue de mettre fin à la dangereuse course aux armements".

 

Réponse à la question 5 :

Entre les 22 et 28 octobre 1962 , la crise de Cuba passait du paroxysme à l’accalmie. Le 27 octobre, Khrouchtchev arrache une promesse à Kennedy: les missiles soviétiques installés à Cuba seront démontés en échange du démantèlement des fusées américaines installées en Turquie et la promesse que Cuba ne serait pas envahie. Le 28 Khrouchtchev donne l’ordre que l’armement appelé offensif soit démonté et ramené en URSSsous le contrôle de l’ONU.

La crise s’achevait et une nouvelle période s’ouvrait : la Détente.

5 votes. Moyenne 3.60 sur 5.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×