Sujet de type 1: Le non-alignement: orignine, fondements et évolution

Sujet de type 1 : Le non-alignement : origines, fondements et évolution

(par le Professeur darius ENGUENGH)

 

INTRODUCTION

En 1961, les pays d’Asie et du Moyen-Orient déjà présents à Bandoeng auxquels s’ajoutent ceux d’Afrique récemment indépendants et ceux d’Amérique latine, certes émancipés depuis le 19ème siècle, refusent la division de la planète en deux blocs en créant le mouvement des non-alignés.

Cependant, on peut se demander quelles sont les origines du mouvement des non-alignés ? Sur quoi se fonde-t-il ? Quelle est son évolution ?

Telles sont les principales questions qui guideront notre devoir sur les non-alignés.

 

I. Origine du mouvement des non-alignés

De la première vague de décolonisation à la conférence de Bandoeng : Les colonies d’Asie accèdent les premières à l’indépendance : Moyen-Orient (1946-1948), Inde et Pakistan (1947), Indonésie (1949), Indochine (1954). La conférence de Bandoeng consacre symboliquement l’achèvement de la décolonisation de l’Asie. Vingt neuf pays, africains et surtout asiatiques, sont représentés à la conférence qui condamne le colonialisme, et insiste sur le soutien apporté par l’ONU aux luttes pour l’indépendance : elle marque une étape essentielle dans l’apparition d’un autre monde, un Tiers-Monde, qui refuse de s’aligner sur l’ouest ou sur l’Est.

De l’extension de la guerre froide hors d’Europe à la conférence de Belgrade : Au milieu des années 1950 le monde est toujours partagée en deux : les Etats-Unis et l’URSS tissent un véritable réseau d’alliances en Asie, au Proche-Orient et en Amérique du Sud. Le Tiers-Monde devient un enjeu de la Guerre froide. Afin de préserver leur indépendance, le maréchal Tito invite, en accord avec Nasser et Nehru, vingt-cinq pays à la conférence de Belgrade. Les participants à cette conférence fondent le mouvement des non-alignés. Ils considèrent que la création de la voie du non-alignement représente la seule possibilité et le choix indispensable face à l’orientation vers la division totale du monde en blocs et l’aggravation de la politique de la Guerre froide.

L’origine du mouvement des non-alignés se trouve dans la volonté des pays du Tiers-Monde d’exister politiquement et d’échapper à l’alignement sur bloc soviétique ou le bloc américain. Quels sont les fondement dudit mouvement ?

 

II. Fondements du mouvement des non-alignés

Fondement politique : Sur le plan politique le mouvement des non-alignés se fonde sur la résolution des pays du Tiers-Monde d’exister et surtout de s’affirmer sur la scène internationale. C’est pourquoi les pays dits non-alignés tiennent à prendre en charge leur destin et, cessant alors d’être l’enjeu des visées, des convoitises, de contribuer, en éliminant l’une des sources principales de tension à la résorption de la crise internationale.

Fondement économique : Ayant tous en commun le sous-développement, les pays non-alignés fondent leur mouvement sur le développement économique. Ensemble, ils souhaitent rétablir des exceptions aux lois du marché international afin de mieux prendre en compte les intérêts des pays sous-développés ; ils considèrent que leur retard tient à l’organisation de l’économie mondiale.

S’affirmer politiquement sur la scène internationale et compter dans l’économie mondiale, tels sont les principaux fondements des non-alignés. Comment ce mouvement évolue-t-il ?

 

III. Evolution du mouvement des non-alignés

De la naissance du mouvement en 1961 au début des années 1970 : C’est le "printemps" de l’histoire du mouvement, tant cette période est marquée par l’augmentation du nombre de pays membres du mouvement : de vingt cinq, le nombre de pays passe à soixante dix-sept. Par ailleurs, le mouvement devient véritablement un acteur important des relations internationales : en 1964, il obtient la tenue de la Conférence de nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) qui symbolise le dialogue Nord/Sud. Le premier choc pétrolier (1973) permet de développer au sein du mouvement des solidarités économiques régionales.

Un mouvement miné et paralysé par l’absence de consensus politique et idéologique : Dans la deuxième moitié des années 1970, l’absence de consensus politique et idéologique amène les non-alignés à n’intervenir que sur des oppositions extrêmement vagues. Cette situation résulte de l’apparition des clivages au sein du mouvement entre un courant neutraliste pro-occidental (représenté par l’Inde), un courant neutraliste pro-soviétique (représenté par Cuba) et un courant franchement neutraliste (représenté par la Yougoslavie). C’est la paralysie et l’éclipse du mouvement : les non alignés n’ont désormais plus en commun que leurs difficultés économiques. La fin de la Guerre froide sonne le glas d’un mouvement moribond et incapable de dépasser ses divergences internes.

 

CONCLUSION:

Au total, il apparaît de notre analyse que le mouvement des non-alignés a permis d’affirmer l’existence politique du Tiers-Monde et de considérer la possibilité d’une troisième voie en cette période de bipolarisation. Mais, les difficultés économiques des pays non-alignés, l’absence de consensus politique et idéologique ont eu raison du mouvement.

 

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