Sujet de type 1: Origines, évolution et conséquences

Sujet de type 1 : Origines, évolution et conséquences de la guerre d’Algérie

(par le Professeur Darius ENGUENGH)

 

Introduction

Présentation du sujet : Considérée par la France comme son prolongement naturel, l’Algérie, colonie de peuplement, vit, à la fin des années 1950, une décolonisation particulièrement tumultueuse.

Problématique : Quelles sont les origines de la guerre d’Algérie ? Quelle en est l’évolution et est-elle sans conséquences ?

Annonce du plan : Origine, déroulement et conséquences de la guerre d’Algérie.

 

Première partie : Origines de la guerre froide d’Algérie

Premier paragraphe : Des inégalités socio-économiques et politiques

• En 1954, la société algérienne fait coexister près d’un million d’Européens et près de 7 millions d’indigènes touchés par le sous-emploi, la sous scolarisation, etc. ; le taux de mortalité infantile européen est de 46 ‰ contre 200 ‰ chez les indigènes ; les colons contrôlent tous les secteurs du pays ; 10 % des autochtones travaillent dans le secteur secondaire contre 90 % des Européens.

• A tous les échelons politiques et administratifs, la participation indigène est limitée (dans l’Administration coloniale 8 % des indigènes contre 92 % des Européens) ; la population indigène est de surcroît niée de son identité.

Deuxième paragraphe : L’affirmation du nationalisme algérien

• La naissance du nationalisme algérien s’appuie sur l’affirmation de l’arabité du peuple indigène algérien ; de graves émeutes anti-françaises éclatent à Sétif en 1945, signe annonciateur de la détermination des nationalistes d’exiger la reforme du système colonial français mis en place en Algérie.

• La faiblesse de la France au sortir de la Seconde Guerre mondiale, son refus de faire les réformes qui s’imposent dans ses colonies, l’attitude favorable à la décolonisation des USA, de l’URSS et de l’ONU et sa défaite de Dien Bien Phu face aux nationalistes indochinois (1954) encouragent les nationalistes algériens à s’engager dans l’action militaire.

Transition : Le système colonial en Algérie a créé un terrain d’affrontement militaire entre les indigènes les colons. Mais comment se déroule cet affrontement ?

 

Deuxième partie : Le déroulement de la guerre

Premier paragraphe : La première phase de la guerre (1954-1956)

• A la Toussaint 1954, une vague d’attentas visant essentiellement des intérêts français marque non seulement la naissance du Front de libération national (FLN) mais aussi le début de la guerre d’Algérie. L’armée française est chargée d’écraser "l’insurrection" car, pour le gouvernement français, l’Algérie est une terre française.

• Entre 1954 et 1955, le soulèvement des indigènes s’étend progressivement dans l’Est algérien. Le 20 août 1955, les émeutes de Constantine (massacre de 123 Européens) constituent le point de non retour de la guerre d’Algérie en rendant définitive la coupure entre les deux communautés.

Deuxième paragraphe : La deuxième phase de la guerre (1956-1958)

• Dès 1956, les troupes françaises passent de 50 000 hommes à 400 000. Alger est soumise à un régime de terreur ; dans le este du pays, l’armée ratisse les zones d’implantation du FLN, construit des barrières électrifiées aux frontières pour isoler l’Algérie de ses voisins ; en octobre 1956, afin d’affaiblir le FLN, un avion marocain transportant plusieurs de ses chefs (Ben Bella, Boudiaf, Lacheraf, Aït Ahmed…) est détourné par l’aviation française. De son côté, le FLN déclenche le terrorisme urbain à Alger dans le but de rendre la ville ingouvernable (des centaines d’Européens comment à quitter le pays).

• A partir de 1954, le FLN bénéficie du soutien des pays arabes et communistes. En novembre 1956, la France intervient dans la crise de Suez contre l’Egypte, principal soutien du FLN. En 1958, l’armée française bombarde le village tunisien de Sakiet-Sidi-Youssef (69 morts dont 21 enfants) pour obliger la Tunisie à cesser son aide au FLN. La Tunisie porte plaine devant l’ONU.

Troisième paragraphe : La troisième phase de la guerre (1958-1962)

• Le soulèvement des pieds noirs à Alger (13 mai 1958) contre le gouvernement de Pierre Pflimlin ramène De Gaulle au pouvoir (1er juin 1958). Le 4 juin, il se rend à Alger et y lance un appel à la réconciliation. Le FLN répond par une intensification de la lutte armée et la formation, en septembre 1958, d’un gouvernement provisoire (installé à Tunis et dirigé par Ferhat Abbas). En octobre, l’armée française lance contre l’ALN de grandes opérations destinées à l’écraser, en vain.

• En juin 1960, de Gaulle relance l’idée de négocier avec le FLN. Le 8 janvier 1961, un référendum y relatif permet à de Gaulle d’obtenir un large soutien de la métropole (76 % de « Oui », c'est-à-dire 76 % de français favorables à l’ouverture des négociations avec le FLN). Les Pieds noirs se disent trahis et une minorité d’activistes créent l’Organisation Armée Secrète (OAS) et tentent de renverser le général de Gaulle (21 avril 1961).

• Le 18 mai 1961, s’ouvrent à Evian les négociations entre le gouvernement français et le FLN. Parallèlement à ces négociations, la guerre se poursuit et l’Algérie s’enfonce dans un climat de violence extrême : l’OAS multiplie les attentats contre les indigènes et les gaullistes. Le 7 mars 1962, les négociations aboutissent à la signature d’accords et d’un cessez-le-feu.

Transition : Commencée en 1954, la guerre d’Algérie qui évolue en trois phases est davantage une guérilla aux conséquences importantes.

 

Troisième partie : Les conséquences de la guerre d’Algérie

Premier paragraphe : Les conséquences politiques et économiques

• La France reconnaît l’indépendance de l’Algérie le 1er juillet 1962, Ben Bella en est le premier président ; l’Algérie se devient un Etat islamiste et socialiste (ce positionnement est sous-tendu par le ralliement des imams à la cause du FLN et le soutien que Nasser et Moscou ont apporté aux nationalistes algériens) ; la guerre d’Algérie a occasionné l’avènement de la Vème République.

• Les dépenses de guerre creusent le déficit budgétaire de la France, relance l’inflation et retarde le démarrage de la croissance des 30 glorieuses.

Deuxième paragraphe : Les conséquences humaines

• 40 000 victimes françaises et 500 000 victimes algériennes ; 800 000 pieds noirs quittent dramatiquement l’Algérie pour la France où leur installation n’est pas des plus faciles ; les Harkis (algériens ayant combattu aux côtés des troupes françaises) sont abandonnés par les français en Algérie où ils font face à la vindicte populaire.

 

Conclusion

• La guerre d’Algérie est l’un des faits marquants de la décolonisation des colonies françaises d’Afrique.

• Elle consacre la faiblesse de la puissance coloniale et entame durablement le prestige de la France dans le monde.

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Commentaires (1)

1. OUDADHI 04/08/2016

le terme ALGERIE DEVIENT UN ETAT ISLAMISTE EST FAUX IL AURAIT FALLU PLUTOT ECRIRE MUSULMAN

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