L'agriculture aux Etats-Unis

  

L'agriculture des Etats-Unis

 

Introduction :

• Première agriculture du monde tant pour la production que pour les exportations. Les Etats-Unis sont à l'origine de la notion de "Food power".

• C'est un maillon essentiel de l'économie du pays.

• L'agriculture américaine, bénéficie de bonnes conditions et d'une immense superficie utilisable.

• Elle est très productive : les exploitations sont modernes, concentrées, bien intégrées à la chaîne agro-alimentaire ("agri business").

• On note pourtant un éclatement des zones d'activités traditionnelles et une diversité des systèmes spatiaux.

• Enfin, les agriculteurs américains sont une catégorie en crise.

 

I Un espace naturel favorable à l'agriculture

I.1. Un espace agricole immense

• La SAU est considérable : 25% de la superficie du pays (si l'on exclut l'Alaska) est cultivable.

• Toutes ces terres ne sont d'ailleurs pas utilisées : sur les 370 millions d'hectares de l'espace agricole, 177 millions sont cultivés / 196 millions sont couverts de prairies et de pâtures, ou mis en jachère (N : depuis plusieurs années, le gouvernement fédéral subventionne les agriculteurs pour qu'ils gèlent les terres). Peu de pays au monde disposent d'une telle potentialité ; en cas de besoin, des millions d'ha en friches peuvent être cultivés (l'équivalent de la superficie de la France !). Ces réserves permettent également de s'adapter rapidement aux besoins du marché.

• Les Grandes Plaines centrales [carte] forment l'essentiel de ce formidable potentiel agricole : au sud des Grands Lacs, s'étendent d'immenses espaces drainés par le réseau du Mississippi. L'agriculteur US peut également utiliser la plaine côtière atlantique jusqu'en Floride ; enfin, à l'Ouest, les reliefs encadrent de larges vallées, en particulier la Grande Vallée californienne.

I.2. Une nature généreuse

• Les conditions climatiques sont favorables à l'agriculture : la situation en latitude et la disposition méridienne des reliefs, le jeu des masses d'air et des courants marins expliquent la diversité climatique, donc un potentiel de productions variées.

exemple : climat continental pour les Grandes Plaines.

exemple : sur les façades littorales, on passe d'un climat océanique au nord, à un climat méditerranéen (sud de la Californie) ou subtropical (Floride).

Conséquence : les agriculteurs peuvent cultiver et adapter des plantes de tous les milieux : tempéré (betterave, céréales...) ; subtropical et méditerranéen (agrumes, vignes, tabac...) ; tropical (arachide, canne à sucre, coton...)

• les sols sont diversifiés et plutôt bons : sols bruns de l'Est atlantique ; sols noirs (riches en humus) de la Prairie ; terres humides de la vallée du Mississippi.

• la pêche : secteur développé vu l'importance du domaine littoral et la diversité des courants.

I.3. Une nature parfois contraignante

L'espace agricole est soumis à des contraintes bioclimatiques :

- La grande plaine est ouverte aux masses d'air polaire l'hiver, et aux masses d'air tropical l'été = canicules et orages d'été nuisent aux récoltes. L'hiver, le blizzard peut tuer le bétail. // Aridité, à l'Ouest du 100e méridien. En Floride, les agrumes et les légumes subissent des coups de froid. L'automne, les hurricanes se forment sur le Golfe du M. et ravagent les côtes... Les agriculteurs luttent contre ces contraintes : variétés de blé adapté aux rigueurs climatiques ; de même pour l'élevage : ex : utilisation de buffles indiens adaptés au climat chaud et humide du bas-Mississippi...

- Certaines régions souffrent de l'érosion des sols : sécheresse et vents assèchant ("dustbowl" : cf Steinbeck, définition de Dry farming) dans le centre des Grandes Plaines. De même, ravinement dus aux précipitations. Là encore, on lutte contre ces contraintes : là où les précipitations sont inférieures à 500 mm, irrigation et aspersion. N : les terres irriguées, couvrant près de 30 millions d'ha, absorbent 40% de l'eau consommée par le pays (pb. de l'épuisement).

 

II. L'agriculture la plus performante du monde

II.1. Un haut niveau technologique = une augmentation des rendements

• Puissance mécanique : 1/2 des tracteurs du monde (= 5 millions) ; 1,3 millions de moissonneuses-batteuses ; aviation agricole ; machines à récolter les fruits, le coton, le maïs ("corn picker"), à tailler les arbres... ; procédés de surgélation...Ce parc technologique permet de mettre en valeur d'immenses espaces.

• Utilisation massive d'engrais (la consommation a doublé depuis 20 ans), de pesticides, de fongicides. // importance de l'irrigation (surtout dans le Sud et à l'Ouest ; plus de 20 millions d'ha sont irrigués, grâce à des techniques très sophistiquées. // labour selon les courbes de niveau...

• Appui scientifique : recherche agronomique (fonds publics et privés).

exemples : mise au point de variétés très productives adaptées aux conditions bioclimatiques des régions ; de même, la recherche zootechnique a permis l'élevage industriel ("feed-lots").

• Concentration des exploitations : plus de 6 millions en 1940 / 2 millions aujourd'hui, alors que la superficie cultivée n'a guère augmenté. La taille moyenne des exploitations US est de 189 ha (35 ha en France !).

Conséquence : progrès des rendements et de la productivité. Si les rendements à l'ha sont moins élevés qu'en Europe, c'est parce que la SAU est beaucoup plus importante aux E-U. La productivité horaire et les coûts de productions sont à l'avantage des E-U...Chaque farmer nourrit 100 personnes (cf : "one man farm").

Autre conséquence : le nombre d'agriculteurs n'a cessé de diminuer : ils ne sont plus que 2,7 millions (= 2,3% de la population active / France : 6%). La moitié pratiquent le "part time farming" et ont un emploi en ville.

II.2. Une agriculture intégrée et aidée par l'Etat

• L'agriculture américaine est une agriculture de marché : les agriculteurs ne forment que 2,3% des actifs et ne comptent que pour 2,5% du PIB. Mais si l'on compte l'ensemble du secteur agro-industriel et tous les emplois indirects, on parvient au chiffre de 7 millions d'actifs et de 16% du PIB...

• Elle n'est que le maillon d'un complexe agro-industriel qui emploie 10 millions de personnes.

• Comme les Européens et les Japonais, les Américains ont développé un mouvement coopératif puissant qui achète, transforme, vend, et même exporte.

• Les farmers sont liés aux firmes qui transportent leurs produits et qui les commercialisent. De même, des groupes industriels entrent directement dans la production :

exemples : Coca Cola est producteur de vignes et d'agrumes ; Boeing possède des parcs d'engraissement ...

• La productivité nécessite des capitaux = l'agriculture est pénétrée par le grand capitalisme : liens étroits entre les farmers et les milieux financiers (ex : bourse de marchandises de Chicago) = système de contrats entre un agriculteur et une firme industrielle.

• Le rôle de l'Etat (cf : lobby agricole puissant, politisé) : offre des crédits ; soutient les prix ; incite au gel des terres en période de baisse des prix mondiaux ; défend l'agriculture au niveau des négociations internationales (GATT)...

• L'Etat aide plus les grosses exploitations que les petites...

II.3. Le premier pays nourricier du monde

• Des productions massives :

L'agriculture américaine fournit 40% de la valeur de la production mondiale. 1er producteur de maïs, de soja (plus de 50% de la production mondiale), 4e pour le blé, 5e pour l'orge... Les Etats-Unis sont le "grenier du monde" (la Nouvelle Orléans est le grand port exportateur de céréales). D'autres productions sont en bonne place, comme le coton (2e rang) et même le vin (6e !). Donc, la production américaine est massive et diversifiée. De même pour l'élevage (les Américains consomment deux à trois fois plus de viande que les Européens, ce qui explique que la production agricole est très orientée vers les productions destinées à l'élevage : maïs, soja, orge).

• Le premier pays exportateur :

Le secteur agroalimentaire représente 20% de la balance totale des exportations ; il est régulièrement excédentaire (14 milliards de dollars en 2007). Les Etats-Unis exportent toute la gamme de leurs produits, des céréales aux agrumes. Au total, 1/4 de la production est exportée (en particulier vers l'Europe et le Japon). Les multinationales agroalimentaires possèdent de fortes parts de marché dans les pays industrialisés (Philip Morris, Coca Cola...). Enfin, signalons que le cours mondial des produits agricoles est établi aux Etats-Unis (Bourse de Chicago).

Notons que la Politique agricole commune (PAC) européenne est considérée par les Américains comme un obstacle : série de "guerres", comme la "guerre du maïs" en 1986 (les Espagnols et les Portugais entrent dans la CEE et doivent donc s'approvisionner en maïs européen, alors qu'ils se fournissaient aux Etats-Unis : les Américains ont menacé de représailles et ont obtenu de continuer à approvisionner ces deux pays...). De même, problème des aides aux agricultures ...

 

III. Un espace agricole en mutation

III.1. L'éclatement des anciens "belts"

• Jusqu'aux années 1960, zones de monoculture homogènes : les "belts" (ex : corn belt...)

• Depuis, les belts se sont diversifiées, voire ont disparu. Selon les cours et la demande du marché, l'exploitant peut modifier son système, s'adapter (= introduction de nouvelles plantes dans l'assolement).

• Cependant, les transformations ont été moins sensibles dans certaines régions : exemple : la production de maïs domine toujours dans l'ancien "corn belt", mais il est associé au soja, à l'avoine, au trèfle (alimentation des bovins et des porcs). En revanche, la Californie et le Sud ont connu une importante transformation : le Sud se caractérise par la migration du coton vers l'Ouest (zones irriguées et production intensive du Texas et de la Californie, qui sont devenus les deux premiers Etats cotonniers).

III.2. Les grandes régions agricoles

1° - Les vieilles régions agricoles où l'agriculture est encore importante dans l'économie :

• L'ancien corn belt, diversifiée grâce au soja et à l'élevage d'embouche ("feed lots").

• La basse vallée du Mississippi (coton, riz, céréales...)

• L'Ouest : élevage extensif ("ranches") ou intensif ("feed lots") ; + zones irriguées

• Hawaï (produits tropicaux)

2° - Les régions en mutation ou en déclin :

• Plaines centrales (exploitations familiales)

• Appalaches et côte atlantique (polyculture, agriculture à temps partiel...)

• Vieux Sud (ex : la culture "relique" du coton)

 3° - Les régions agro-alimentaires :

• Nouvelle Angleterre et Grands Lacs

• Espaces péri-urbains de la mégalopolis et de la Californie

• Zones irriguées du Nouveau Sud (Texas) et de la Californie

III.3. Limites et problèmes d'un espace agricole en mutation

• Les marges agricoles du pays sont peu transformées : elles sont dépendantes des aides de l'Etat ; l'agriculture y est de plus en plus un temps partiel.

• Les exploitations sont très endettées : des dizaines de milliers sont condamnées. N : la modernisation a conduit à un surendettement (faillites...). cf : crise de 1981 à 1986. L'Etat réagit par des aides, mais celles-ci vont le plus souvent aux grosses exploitations. Dans bien des cas, les petites exploitations sont en difficulté.

• enfin, malgré les efforts de protection des sols, l'agriculture américaine reste fragile : érosion, besoins énormes en eau dans les régions où l'irrigation est nécessaire...

 

Conclusion :

caractéristiques de l'agriculture américaine : bcp de terres, peu d'hommes, des investissements et une productivité élevés, une intégration poussée au reste de l'économie, une aide importante de l'Etat, une capacité d'adaptation.

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