L'Asie Orientale, une aire économique en puissance

L’Asie orientale : une aire de puissance en expansion

 (par le Professeur Darius ENGUENGH) 

Plan du chapitre :

Première partie : Une puissance confirmée, le Japon

Deuxième partie : De nouveaux Japon : les "Dragons"

Troisième partie : Une puissance en devenir, la Chine

  

Introduction du chapitre

En quelques décennies, le Japon s’est affirmé comme l’un des pôles de la Triade. L’Asie orientale et maritime (Corée du Sud, Taiwan, Chine littorale, Singapour, Malaisie, Indonésie, Thaïlande, Vietnam), qui constitue son environnement géographique proche, a été associé à cette dynamique croissance, en dépit d’une géopolitique qui n’avait rien de favorable. Au sein du principal foyer de peuplement planétaire, le développement progresse de relais en relais et gagne aujourd’hui la Chine. Entourée par d’autres Etats émergents, elle s’engage dans la mondialisation et devient un des partenaires majeurs d’une nouvelle puissance polycentrique.

• Pourquoi l’Aise orientale est-elle une aire de puissance originale ?

• Comment cette aire de puissance s’est-elle constituée ?

• Quelles sont les forces et les faiblesses de l’aire asiatique ?

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Première partie : Une puissance confirmée, le Japon

 

Introduction de la première partie:

Troisième puissance économique, l’un des pays les plus riches au monde, le Japon doit son ascension à la vitalité de son industrie, à sa capacité d’innover et à la conquête des marchés mondiaux. Les excédents commerciaux et la puissance financière font de lui un des trois pôles de décision de la planète et la locomotive de l’Asie pacifique.

Comment un pays peu doté par la nature, vaincu en 1945, est-il devenu une puissance économique mondiale ?

 

I. Les contraintes du territoire japonais

Alors que les USA et l’Union européenne fondent leur puissance sur de vastes domaines continentaux, le Japon exigu et éparpillé, ne dispose que de 372 000 km2. L’archipel comprend quatre grandes îles : Honshu, Hokkaido, Shikoku et Kyshü.

I.1. Le poids des contraintes physiques

Le Japon est une terre foncièrement inhospitalière à l’Homme : elle est toujours instable et très accidentée. Les plaines ne forment que 16 % de sa superficie, contre 72 % aux montagnes. Elle est aussi pauvre en ressources naturelles (juste un peu quelques minerais). Les aléas climatiques engendrent des catastrophes. Ainsi, du côté de la mer du Japon (Japon de l’envers), on redoute l’enneigement. Vers le Pacifique (Japon de l’endroit), les typhons déclenchent des crues dont le flot torrentiel ravage les rizières.

I.2. L’aménagement du territoire japonais

Grâce à l’aménagement de polders et de terres pleins industriels (terres conquises sur la mer), la surface utile du pays a été agrandie. Mais la concurrence reste très vive entre l’agriculture, l’industrie, l’habitat et les voies de communication.

Malgré un milieu naturel difficile, tout n’est cependant pas hostile. L’exiguïté de l’espace terrestre est compensée par un vaste domaine maritime : les courants situés le long des côtes japonaises amènent de nombreuses espèces de poissons qui alimentent une pêche traditionnelle côtière, mais les Japonais sillonnent toutes les mers du globe pour nourrir un pays qui consomme 36 kg de poisson par personne et par an (pour 9 kg en France). Le Japon est le premier producteur mondial et pêche 22 % du poisson de la planète. Les moussons favorisent le développement de la riziculture.

I.3. Une population très regroupée

En tenant compte de la superficie non occupée, la densité réelle du Japon est de 1200 hab./km2 (12 fois celle de la France). La seule mégalopole de l’Est de concentre 84 % de la population des hommes et des activités, ce qui accroît les risques d’inondation et de pollutions, mais aussi les coûts de transport.

 

II. La troisième puissance économique du monde

L’économie japonaise s’est rapidement développée après la Seconde Guerre mondiale, lorsque les Etats-Unis ont lancé leur plan d’aide au pays. L’Etat a dynamisé l’économie nationale.

II.1. Une ascension économique fulgurante après 1945

Après 1945, le relèvement du Japon étant très peu envisageable. Or il va faire volte face en misant sur l’industrie et l’exportation. Vingt cinq ans de forte croissance –période appelée « Haute croissance » (1950–1975)– lui permettent de trouver les chemins de la prospérité. A partir de 1975, il choisit de concevoir, fabriquer et exporter des produits de forte valeur ajoutée.

La Guerre froide fournit l’occasion au Japon de mieux se relever économiquement. La Chine étant devenue communiste en 1949, les Etats-Unis n’ont alors qu’un seul souci : arrêter l’expansion communiste. La Guerre de Corée (1950–1953) fait du Japon un avant poste étasunien, elle donne du travail à son industrie.

La reconstruction des grands trusts transforment le Japon en pays d’industries traditionnelles (textile, construction navale) ; à partir de 1960, c’est le démarrage de l’industrie automobile et du matériel électronique. Mais les chocs pétroliers vont révéler sa fragilité économique. Il réagit par le choix de la qualité, de la haute technologie et de la forte valeur ajoutée. L’Etat et les trusts modifient la stratégie industrielle dès 1973. Les choix opérés vont apporter au pays des bénéfices élevés. La décennie 1980 consacre cette réussite industrielle, technologique et commerciale.

II.2. Les facteurs de la puissance économique du Japon

• L’Etat et les entreprises : L’Etat japonais a une tradition d’intervention depuis l’ère Meiji (1868-1912). Au cours de cette période, le Japon a connu une croissance rapide, un capitalisme dirigiste et une industrie puissante (textile, métallurgie, chemin de fer, armement). L'outil de cette intervention est le ministère du commerce (le MITI) qui élabore des stratégies à long terme de conquête des marchés. De plus, l’Etat favorise la concentration des entreprises en grands conglomérats qui dominent l'économie. Ces grandes entreprises vitrines ont une "culture d'entreprise", avec hymne, loisirs en commun, emploi à vie, mais à condition d'accepter n'importe quel poste n'importe où.

• Une société originale : La population active représente 51 % de la population totale, elle est bien formée (90 % de bacheliers), habile, consciencieuse et elle s'adapte rapidement aux nouveautés. La durée annuelle du travail est supérieure à celle des autres pays industrialisés développés. La société japonaise est marquée par les valeurs religieuses et philosophiques du shintoïsme et du confucianisme : l’harmonie, le respect de la hiérarchie, la primauté de l’intérêt collectif.

II.3. Les aspects de la puissance économique du Japon

• Une grande puissance industrielle : Dépourvu de matières premières et d'hydrocarbures, le Japon a développé une industrie puissante et très diversifiée. L’industrie est au cœur de la puissance japonaise : sa 3ème place dans le monde, son dynamisme, son organisation et sa force d’innovation la placent à l’avant garde de la 3ème révolution technologique. La part du Japon dans l’industrie mondiale n’a cessé de croître. En 1960, il fournissait 4 % de la production mondiale, en 2000 il compte pour près de 16 %. Le Japon représente 74 % du poids industriel des Etats-Unis contre 20 % en 1960 ; il produit plus que l’Allemagne et la France réunies.

L’augmentation de la facture pétrolière et l’essor des pays-ateliers d’Asie ont laminé les marges bénéficiaires du Japon, qui s’est trouvé confronté à l’affaissement des secteurs à l’origine de sa prospérité (sidérurgie, construction navale, textile) ; aussi les conglomérats et le MITI ont-ils fait le choix de la forte valeur ajoutée, de la qualité et de la technologie de pointe. Il a fallu lancer de nouveaux produits ou transformer les produits classiques par l’introduction de nouvelles technologies. Les deux secteurs clés de cette mutation ont été l’automobile et l’électronique ;

Les industries de haute technologie : hi-fi, informatique, robotique. photo. vidéo. etc. Le Japon en délocalise une partie vers l'Asie pacifique. Par le biais de l’électronique, il veut s’imposer comme le laboratoire de la planète et s’attaquer aux secteurs comme l’aérospatiale. Il est en passe de détenir le monopole le monopole de la fabrication des mémoires rapides, secteur stratégique s’il en est puisque les Etats-Unis en dépendent pour l’aérospatiale, l’armement et les télécommunications.

L’industrie automobile se porte bien : 27 % du marché mondial. Forte productivité (le Japon produit actuellement 11 millions de véhicules et en exporte la moitié), implantations dans les lieux de consommation, politique commerciale dynamique dans les pays non constructeurs (Moyen Orient. Afrique. Chine et Asie-Pacifique). La réussite exceptionnelle de l’industrie automobile est le fruit d’une stratégie qui a réservé le marché intérieur aux constructeurs nationaux et a prospecté systématiquement les marchés mondiaux. Le Japon a investi aux Etats-Unis (le marché est tenu à 30 % par des marques japonaises) et en Europe (10 % du marché) pour y produire ses modèles afin de pénétrer les marchés de l’intérieur. Deux constructeurs dominent : Toyota (2ème mondial) et Nissan (4ème).

• Une grande puissance commerciale : La nécessité d’exporter a fait du Japon une redoutable machine commerciale. La percée des exportations génère d’énormes excédents qui lui permettent d’intervenir financièrement dans le monde entier et lui ouvrent d’autres formes de puissance. Les Sogo sosha ont un rôle majeur dans l’orientation de son commerce extérieur. En relation permanente avec toutes les parties du globe, elles élaborent des stratégies commerciales et sont l’interface économique entre le Japon et le monde. Entre 1965 et 2002 la part du Japon dans les exportations industrielles a doublé, passant de 7 à 15 %. Pendant que les Etats-Unis et l’Europe ont perdu des parts de marché. Les exportations sont le moteur de la croissance et de la montée en puissance du japon. Elles sont à 98,5 % des produits industriels. En revanche les importations sont pour moitié constituées par l’énergie (23 %), les produits alimentaires (22 %) et les matières premières. Les produits industriels représentent la quasi-totalité des exportations du Japon qui vend à 60 % aux pays industrialisés. Le tiers des exportations se fait vers les Etats-Unis : les Etats-Unis, premier partenaire du Japon, absorbent 30 % de ses exportations (automobiles, électronique, composants de haute technologique) et lui fournissent 20 % de ses importations (produits alimentaires, avions). L’énergie et les matières premières constituent l'essentiel des importations.

• Une super-puissance financière : la balance commerciale japonaise est très excédentaire. Ses surplus sont placés sur les marchés financiers mondiaux, faisant du Japon une puissance financière : Tokyo est la seconde place financière mondiale derrière Wall Street.

 

III. Les limites de la puissance : les remises en question

III.1. La dépendance extérieure, la concurrence des NPI et la hausse du Yen

Le Japon est très vulnérable, car toutes ses matières premières et toutes ses sources d'énergie viennent de l'extérieur. Il en est de même pour les produits

agricoles, car la production japonaise ne suffit pas (le Japon ne couvre que 50 % de ses besoins) ; La Concurrence des NPIA (Dragons et Tigres) ; La hausse du yen par rapport au dollar, ce qui rend plus difficiles les exportations japonaises aux Etats-Unis.

III.2. La hausse du chômage et la crise de la société japonaise

Chômage en hausse : il est passé de 2,4 % en 1992 à environ 4,3 % aujourd'hui ; et croissance en baisse (+ 0.l % en 1993, + l,2 % en l994, -3 % actuellement en rythme annuel ), bourse morose (+ 1,1 % en 1994), puis krach boursier en 1997. Perte de confiance des milieux économiques ; Les oubliés de la croissance : conditions de travail difficiles dans les PME sous-traitantes des grandes entreprises, remise en cause de l'emploi à vie dans les grandes entreprises ; Une crise de la société : les femmes refusent de plus en plus le rôle subalterne qui était le leur et les "jeunes pousses de bambou" veulent travailler moins que leurs parents et être plus individualistes. La prolifération des sectes et l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995 ont ébranlé les certitudes sur lesquelles reposait la société japonaise. Le système scolaire est de plus en plus inadapté aux exigences de la troisième révolution industrielle.

III.3. Les déséquilibres spatiaux et un rôle international modeste

Les déséquilibres spatiaux entre Japon de l'endroit (la côte pacifique dynamique, tournée vers le Pacifique, l'Asie, les Etats-Unis, urbanisée et industrialisée) et Japon de l'envers (la côte de la mer du Japon, le nord et l'intérieur de Honshu, Hokkaido, plus ruraux et moins ouverts sur le monde extérieur) ; Un rôle international modeste : un nain diplomatique, militaire et culturel. Peu de rôle à l'ONU (à part payer sa cotisation annuelle) ; Il se trouve sous la tutelle américaine au niveau militaire ; Un développement culturel japonais inexistant.

 

Conclusion de la première partie :

La puissance du Japon s'exprime davantage dans le monde par la présence de ses produits, de ses capitaux et de son image que par une véritable autorité (sur le plan culturel, diplomatique, militaire, le Japon souffre d'un déficit d'hégémonie. C'est dans sa propre région, l'Asie orientale, que cette carence est la plus manifeste), à la différence de son principal partenaire de l'autre rive du Pacifique, les Etats-Unis. Le Japon est, en effet, une puissance industrielle et commerciale incontestée, non seulement par le volume de ses productions, mais surtout par ses ventes, par la maîtrise de sa stratégie industrielle mondiale et sa présence sur tous les marchés.

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Deuxième partie : De nouveaux Japon : les "Dragons"

 

Introduction de la deuxième partie:

L’Asie orientale rassemble près de 13 % de la population mondiale mais fournit près de 17 % du produit économique mondial et 1/5ème des exportations mondiales. En trois décennies (1960-1990), cette région a connu une croissance exceptionnelle, partie du Japon pour s’étendre aux "Dragons" (Corée du Sud, Singapour, Taiwan et Hong Kong), puis aux régions environnantes.

 

I. L’émergence de nouveaux pôles de croissance

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Asie pacifique était dominé par les Etats-Unis, récents vainqueurs du Japon, alors que l’économie des pays asiatiques était en grande partie ruinée, ou à tout le moins stagnante. La crainte du communisme, qui s’installait en Chine et progressait dans la péninsule indochinoise, conduisit les Etasuniens à accepter à aider la reconstruction de l’industrie japonaise et à beaucoup investir dans les autres pays de la région.

I.1. Le Japon, modèle économique des "Dragons"

Document : La genèse d’un axe économique majeur

La haute croissance japonaise des années 1950-1980 a été un facteur notable de l’évolution des Etats voisins, atteints par vagues successives par les conséquences indirectes de la croissance japonaise. La modernisation de l’économie, l’augmentation des salaires a conduit les firmes japonaises à spécialiser leurs établissements dans des activités de recherche et fabrication de haut niveau technologique, et à s’adresser ailleurs pour trouver une main d’œuvre moins payée pour les tâches d’exécution.

La Corée du Sud, Taiwan, Hong Kong, à un moindre degré Singapour ont été les premiers atteints par cette vague de transferts des rôles. (…) Les pays de la première génération ont connu à leur tour les hausses de salaires, les progrès techniques, les capacités d’initiative, et finalement le désir de trouver de nouvelles sources de main-d’œuvre moins chère. De proche en proche, l’industrialisation a gagné.

Source : L’espace mondial, Géographie Tles ES, L et S, Magnard 2004, p..217

 

La diffusion de l’économie moderne à partir du Japon a joué un rôle essentiel dans la formation même de l’aire de puissance asiatique. En effet, c’est en partie la croissance japonaise qui explique celle de pays voisins : le simple désir d’imiter le modèle japonais se doubla d’un processus de diffusion. La hausse des salaires au Japon amena ses entrepreneurs à implanter des fabrications de niveau technologique relativement faible chez ses voisins. Certains de ceux-ci (Corée du Sud, Taiwan, Singapour et Hong Kong) surent exploiter au maximum ces opportunités, développer des productions propres. A leur tour, ils sont amenés aujourd’hui, par la hausse des salaires, à déplacer une partie des productions vers de nouvelles régions (Malaisie, Thaïlande, Indonésie et Philippines).

Le processus de base a été le besoin de main d’œuvre qu’il a fallu aller chercher de plus en plus loin du centre japonais Ainsi s’est formée une structure en cercles concentriques autour du Japon : un premier cercle comprenant la Corée du Sud, Taiwan, Singapour et Hong Kong ; un second cercle avec la Malaisie, la Thaïlande et une partie de l’Indonésie et des Philippines ; c’est dans une troisième étape que la Chine littorale s’est intégrée au système spatial.

 

II. Les caractéristiques de l’aire de puissance de l’Asie orientale

L’Asie orientale est très hétérogène parla taille des Etats, leur structure politique et économique. Ce domaine a pourtant un certain nombre de caractères communs à la base de sa définition comme aire de puissance.

II.1. Un grand foyer de population

L’Asie orientale rassemble près de 13 % de la population mondiale, soit environ 800 millions d’habitants. De cette population, elle tire une main d’œuvre abondante, disciplinée, acceptant les bas salaires et de dures conditions de travail (nombreuses heures hebdomadaires de travail, peu de jours chômés). Cette main d’œuvre particulière attire les investissements étrangers, au premier rang desquels se trouvent les groupes américains et japonais.

II.2. La forte croissance économique

Très tôt, les NPIA ont compris que, pour échapper à la pauvreté, il fallait imiter le Japon en se lançant dans l’industrialisation. Ainsi, leurs gouvernements, tout en respectant l’entreprise privée, pratiquent un "interventionnisme libéral" (action de l’Etat dans le domaine économique mais dans le respect de l’économie de marché), à l’exception de Hong-Kong, royaume du libéralisme. Par ailleurs, elle se traduit depuis quelques années par des taux de croissance moyens annuels remarquables : + 4,5 % (pour la Corée du Sud et Singapour en 2007) et des taux moyens annuels de + 7,5 % de 1965 à 1995. Après une chute brutale en 1998, la croissance économique a repris dans ces pays. Ainsi, en 2007, on a enregistré + 9,8 % à Singapour ; + 4,2 % en Thaïlande ; + 8,3 % en Corée du Sud).

Plus que d’autres aires de puissances, celle de l’Asie orientale a une activité industrielle importante. Elle est devenue "l’atelier du monde". Tous les types d’industrie y sont représentés : les industries légères l’emportent avec le textile, la longue série des industries diverses, allant des jouets et des articles ménagers et à l’électronique aux succès foudroyants. Les industries de base progressent (raffinage de pétrole à Singapour, sidérurgie à Taiwan, et en Corée du Sud). Les industries de transformation sont en expansion (constructions navales et électromécaniques partout, automobiles en Corée du Sud, aéronautique à Taiwan).

II.3. L’organisation de l’espace

Les bons résultats économiques de ces pays sont aussi la conséquence du développement des infrastructures de transport et de communication (flottes marchandes, équipements portuaires…). L’Océan Pacifique constitue le lien naturel entre les pays de l’Asie orientale. D’où le rôle des façades littorales et l’intensité des échanges maritimes et le rôle attractif majeur joué par les ports. En Corée, un couloir de développement relie les villes-ports de Séoul et Pusan, en passant par Taegu et Taejon, quatre villes millionnaires. A Taiwan, les trois ports de la côte Ouest sont chacun au centre des zones d’industrie diffuses.

II.4. Une grande agressivité commerciale

Les NPIA essayent de livrer des produits de qualité au meilleur prix. Leurs ventes s’effectuent entre un quart (Singapour) et la moitié (Taiwan) sur le marché étasunien, entre 15 % (Corée) au Japon, entre 11 et 15 %, pour chacun d’entre eux, dans les pays de l’UE.

Les USA constituent le marché principal des dragons: près de 14 % des importations étasuniennes proviennent des NPI d’Asie orientale, alors que leurs achats ne représentent que 9 % des exportations étasuniennes. De manière générale, les déséquilibres commerciaux s’aggravent au bénéfice des NPI d’Asie orientale qui limitent leurs importations.

Simultanément, la structure de ces exportations change. Si l’on exporte des équipements lourds (navires, générateurs) et maintenant des automobiles, si le textile-habillement conserve une place de choix, ce sont des produits plus élaborés tels les semi-conducteurs, l’électronique grand public, les mini-ordinateurs, les lecteurs CD/DVD… qui apportent les grands profits.

 

III. Les facteurs de la puissance économique de l’Asie orientale

De nombreux facteurs sont à la base de la réussite des dragons : économique, politiques, humains et culturels.

III.1. Le rôle des investissements étrangers

Les indispensables investissements sont venus du Japon, des Etats-Unis et de la diaspora. En effet, depuis près de quarante ans, les pays de l’Asie orientale bénéficient d’investissements étrangers massifs et des transferts de technologie. Une complémentarité existe entre le Japon qui fournit les capitaux et la technologie, les pays de l’Asie orientale qui disposent d’une main-d’œuvre de qualité et bon marché, et les Etats-Unis, principal débouché pour les produits manufacturés de la zone.

III.2. Le modèle de développement

Disposant d’une main-d’œuvre abondante, spatialement très concentrée (densités de 480 à 620 hab/km2), les pays de l’Asie orientale (Taiwan, Corée du sud par exemple) ont d’abord dû réussir la modernisation de leur agriculture confinée sur de petits espaces. Les excédents de main d’œuvre dégagés par la mécanisation ont fourni à l’industrie des travailleurs dociles, habitués à des revenus modestes.

D’une façon générale, le modèle de développement des pays de l’Asie orientale se résume ainsi : développement d’abord des industries de substitution, puis des industries exportatrices. Une première étape d’industrialisation a concerné le textile, les jouets et l’électronique avec pour objectif principal l’assemblage de composants. Elle a précédé la mise en place d’industries d’équipements (sidérurgie, constructions navales, pétrochimie, construction automobile). Dans ces pays, la production, conçue à l’origine pour alimenter le marché intérieur, est ensuite transformée en exportations pour créer les conditions du développement.

La hausse des monnaies nationales par rapport au dollar, la croissance des salaires, l’épuisement des ressources en main d’œuvre dans les "Dragons" ont conduit les multinationales à délocaliser leurs activités vers de nouveaux Etats émergents à faible coût de main-d’œuvre (les "Bébés Tigres" : Philippines, Malaisie, Thaïlande, Indonésie). Dès lors, les "Dragons" se sont orientés vers des produits manufacturés de haute technologie et à forte valeur ajoutée.

Aujourd’hui, les ressources propres de ces pays leur permettent d’investir à l’étranger tandis que leurs entreprises continuent à délocaliser leurs usines, y compris en Europe, afin d’être présentes sur les marchés de consommation.

III.3. Une population dynamique

Respectueuses de la hiérarchie et animées par un sens aigu de l’intérêt national, leurs sociétés, en partie marquées par le confucianisme, offrent l’image d’une grande cohésion et font preuve d’une remarquable efficacité collective. Cette population est très disciplinée acceptant de lourdes contraintes (durée de travail, flexibilité des emplois, salaires limités).

La diaspora chinoise qui détient d’importants capitaux et contrôle 60 % du commerce de l’Asie du Sud-Est joue dans tous ces pays, sauf en Corée, un rôle essentiel.

III.4. Le rôle fondamental de l’Etat

L’Etat est un acteur majeur du décollage économique. L’adhésion à la philosophie économique libérale ne l’empêche en effet nullement d’être le maître d’œuvre du vrai miracle économique. Son action se traduit par une planification indicative (définition par l’Etat d’objectifs économiques globaux à atteindre, de filières de production à développer, avec mise en place de mesures incitatives comme les exonérations fiscales avantageuses), la création de zones franches, la protection du marché intérieur.

 

IV. Les limites du modèle asiatique : des économies vulnérables

Déséquilibres, tensions et crises, issus d’une frénésie de croissance, montrent les limites du modèle de développement mis en place en Asie orientale.

IV.1. Des difficultés internes liées aux transformations de l’économie

Sur le plan politique, à l’exception de Hong Kong, les régimes de ces pays ont été caractérisés par leur autoritarisme et la restriction des libertés publiques. L’élévation du niveau culturel de la population, les progrès économiques ont rendu moins supportable cette situation, d’où la naissance d’une opposition parfois très violente (Corée du Sud).

Sur le plan social de nombreuses inégalités subsistent en dépit de l’amélioration incontestable du niveau de vie. L’urbanisation intense a posé un problème aigu de logement (exiguïté des logements, longueur des migrations quotidiennes). L’industrialisation et l’urbanisation ont été menées sans grand souci de l’environnement, si bien que les pollutions des eaux et de l’air posent des problèmes graves, notamment à Taiwan.

IV.2. Des difficultés externes liées aux transformations de l’économie

Pour financer les investissements, il faut emprunter et donc s’endetter et accepter, avec l’investissement étranger, une dépendance encore amplifiée par la dépendance technologique. L’augmentation, bien légitime, des salaires a limité la marge de compétitivité (diminution de l’avantage comparatif par rapport à d’autres pays). Même si celle-ci reste confortable, on note déjà une délocalisation vers les pays voisins (les "Bébés tigres" tels la Malaisie, les Philippines, l’Indonésie, le Vietnam…).

L’importance des exportations dans l’économie met les "Dragons" à la merci des mesures protectionnistes qui sont quelquefois prises à leur égard, notamment par les Etats-Unis.

Des crises graves ont par ailleurs souligné les limites du système économique des Dragons asiatiques. La crise japonaise de 1990 a été suivie d’une décennie de croissance ralentie. Elle a été un facteur de la crise financière, partie de Thaïlande en 1997, qui a entraîné des perturbations économiques et sociales dans toute la région. En 1998, ils ont des taux de croissance très faibles, voire négatifs : +1,7 % au Singapour ; - 5,3 % en Corée du Sud.

Les origines de ces difficultés sont, entre autres, liées à la mauvaise gestion (investissements à rentabilité incertaine, prêts bancaires imprudents) et par des liens de complicité entre les décideurs politiques et économiques.

 

Conclusion de la partie :

Les Dragons asiatiques se distinguent des autres espaces du Tiers-monde par leur essor économique rapide et récent à tel point que l’on a même parlé de « miracle asiatique ». En ce sens on peut parler d’unité des Dragons. Mais le groupe des Dragons présente bien une certaine hétérogénéité qui, à terme, pourrait créer des disparités entre Etats.

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Troisième partie : L’éveil de la Chine

 

Introduction de la troisième partie:

La Chine, 3ème pays du monde par la superficie, 1er par le nombre d'habitants (près du ¼ de la population mondiale), attire de plus en plus de capitaux étrangers. Elle n’attire pas seulement parce qu’elle est grande ou que son économie connaît un rythme de croissance très rapide ; c’est surtout parce que toutes les multinationales à travers le monde sont affectées par l’impact des bas prix de son industrie sur les prix mondiaux.

 

I. Une puissance démographique, à la poursuite de la modernité

La Chine, 3ème pays du monde par la superficie, 1er par le nombre d'habitants, a tenté sa modernisation dans le cadre d'une économie socialiste.

I.1. Un immense territoire

Avec 9,6 millions de km2, la Chine a une surface comparable à celle de l'Europe. Le relief fragmente ce vaste ensemble qui comprend une grande diversité de milieux bioclimatiques, depuis le climat tempéré froid continental au nord jusqu'au climat tropical au sud. Le relief est dans l'ensemble élevé: les ¾ du territoire présentent une altitude supérieure à 500 m. La Chine occidentale est confronté à l'aridité qui constitue alors que le sud souffre de typhons.

L'étendue procure au pays un énorme potentiel de production dans les domaines agricole et industriel: d'abondantes ressources naturelles telles le pétrole (dans l'ouest et dans le nord), le charbon (dans le centre et dans le nord), le fer (dans le centre et dans le nord) et des minerais métalliques divers comme le cuivre, le plomb et le zinc (dans sud-est). Pourtant, l'immensité impose aussi des contraintes: les distances énormes (45 000 km d'est en ouest, 4 200 du nord au sud) posent le problème crucial des transports. Malgré les efforts du gouvernement chinois, les réseaux restent archaïques, encombrés, et les inégalités régionales importantes.

I.2. Un Homme sur cinq est chinois

La population chinoise (1,5 milliard) est très inégalement repartie. La densité moyenne est de 123hb/km2, mais elle n'est pas très significative. L'Ouest de la Chine est vide: sur 60 % de la surface totale résident 6 % de la population. L'Est de la Chine rassemble, sur 40% de la superficie, le 9/10 de ses habitants. Les parties basses du relief propices à la céréaliculture ont les plus fortes densités.

Depuis bientôt une trentaine d'années, la croissance démographique se ralentit. C'est le résultat d'une politique autoritaire de limitation des naissances, lancée au début des années 1970. Aussi indice de fécondité et taux de natalité se sont-ils effondrés. La Chine est entrée dans la 2ème phase de la transition démographique. Ce qui entraîne une arrivée sur le marché du travail de nombreux jeunes adultes et le vieillissement en cours de la population.

I.3. Une croissance sans développement

Après avoir, dans les années 1950, appliqué le modèle de développement soviétique, la Chine rompt avec l'URSS; elle affirme construire une stratégie originale de développement, la "voie chinoise" et s'érige en modèle pour le Tiers-Monde.

La voie chinoise repose d'abord sur le marxisme-léninisme. L'Etat possède, après nationalisation, toute la grande industrie et les 9/10 du commerce. S'il ne détient que 10 % du sol cultivé, le reste appartient à des coopératives. Socialisée, l'économie est organisée par l'Etat qui gère la totalité de l'économie par la planification. Par souci d'indépendance, l'Etat empêche les entreprises étrangères de s'installer dans le pays; le commerce avec l'extérieur devient dérisoire. Géographiquement, les zones côtières sont délibérément délaissées u profit de la Chine intérieure.

La croissance est réelle, mais irrégulière selon les années. De plus, elle ne s'accompagne pas d'une élection du niveau de vie de la population, et en particulier de la paysannerie. Cette croissance ne s'ouvre pas sur le développement.

La mort de Mao Zedong en 1976, l'arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping en 1978, ouvrent la voie des réformes nécessaires. Ce dernier lance la politique des "Quatre Modernisations" (industrie, agriculture, science t défense). L’ouverture sur le monde et l’initiative individuelle sont désormais clairement encouragées.

 

II. L'insertion de la Chine dans le monde

Pour Deng Xiaoping, développer la Chine c'est combler le retard pris par rapport au monde occidental et aux voisins d'Asie pacifique. Il engage une ouverture de l'économie aux réformes internes et une ouverture sur l'étranger, amorçant un développement.

II.1. Les facteurs du décollage économique de la Chine

La Chine a développé une combinaison puissante de facteurs favorables :

• une main d’œuvre disciplinée et à bas prix le chômage freine les salaires, et ce d’autant plus que les ruraux affluent en ville) ; un personnel technique formé tant un effort particulier est accompli dans le domaine de la formation : la Chine dispose de 1225 universités, l’ingénierie et l’économie accueillant, à elles seules, 54 % des 7 millions d’étudiants chinois, 550 000 ingénieurs en sont sortis en 2004.

• des incitations fiscales et autres, pour attirer les investissements les avantages comparatifs de l’industrie chinoise en font une plate-forme à partir de laquelle on peut exporter vers le reste du monde) : dès 1980, elle entre au FMI et incite les capitaux étrangers à investir dans des zones franches, les zones économiques spéciales.

• des infrastructures suffisantes pour permettre des opérations de fabrication industrielle et d’exportation efficaces des produits fabriqués localement (ports, aéroports…) ; des infrastructures de télécommunications, indispensables à toute croissance économique moderne (centraux téléphoniques pour l’accès à Internet, téléphone mobile).

II.2. La croissance spectaculaire de l’économie chinoise

Avec près de 1300 milliards de dollars, le PIB chinois s’est hissé au 6ème rang mondial. Mais c’est surtout le rythme annuel de croissance de 8 ou 9 % qui singularise la situation économique de la Chine. Il en va de même pour le commerce extérieur. En moins de vingt ans, la Chine est passée du 32ème au 9ème rang mondial. Sa balance commerciale se révèle très excédentaire (plus de 100 milliards de dollars avec les Etats-Unis en 2003) et permet d’accumuler d’énormes réserves de change et de fortes capacités d’investissement.

L’essentiel de sa croissance relève dus secteur industriel (54 % du PIB). Placée aujourd’hui au 4ème rang mondial, la Chine produit 70 % des photocopieurs, 65 % des bicyclettes et des jouets, 55 % des ordinateurs, des appareils photos, 50 % des chaussures, 30 % des textiles, 30 % des téléviseurs fabriqués dans le monde. Elle est devenue pour la planète son centre de manufacture le plus important. Ces productions proviennent en grande partie d’industries étrangères délocalisées.

Le commerce extérieur a été un moteur des transformations structurelles de l'économie: les importations de technologies étrangères permettent la modernisation; les exportations de produits industriels révèlent l'insertion de la main-d'œuvre chinoise dans la division internationale du travail. La Chine commerce surtout avec les pays développés (Japon, USA) et avec ses voisins.

II.3. Les régions motrices de la puissance économique chinoise

Malgré sa superficie relativement réduite (14 % de la superficie totale), la Chine littorale concentre une large part de la croissance spectaculaire de l’économie chinoise (58 % du PIB ; 88 % des investissements étrangers ; 9/10ème du commerce extérieur). La Chine littorale peut être divisée en trois sous ensembles :

• La région de Pékin-Tianjin (au nord) accueille préférentiellement des entreprises coréennes ou japonaises spécialisées dans l’équipement. Son affirmation sur la scène internationale devrait coïncider avec les jeux olympiques de 2008.

• Shanghai (au centre) doit à ses liaisons avec Taiwan et les pays développés un spectaculaire développement qui lui permet d’être aujourd’hui une ville-monde.

• La triangle de Chine du Sud, autour de Hong Kong, grâce à sa spécialisation financière (banques et sociétés financières internationales opérant en Asie y sont implantées) et à la multiplication des entreprises privées, constitue un pôle de croissance qui irradie sur une partie du Sur une partie du Sud-Est asiatique.

 

III. Les limites du modèle de développement chinois

Le modèle de développement chinois est source de nombreux problèmes.

III.1. Les défis d’une ambition mondiale

Le déficit des entreprises publiques, la corruption, la contrefaçon, le clientélisme figurent parmi les principaux problèmes à résoudre dans un contexte d’ouverture sur le monde que concrétise son adhésion à l’OMC en 2001.

A propos de la contrefaçon, celle-ci à pris des proportions très inquiétantes (elle

souvent source de tension avec les pays développés qui accusent les dirigeants chinois de combattre lâchement la contrefaçon). Ainsi, la part de la contrefaçon dans

les ventes chinoises avoisine les 93 % pour les logiciels professionnels, 91 % pour les DVD et cassettes vidéo, 65 % pour les montres.

Le développement industriel rencontre des difficultés, liées en particulier à l'existence de goulets d'étranglement, comme la production d'énergie (le déficit en charbon était de 160 millions de tonnes en 2007; sur les trois premiers trimestres de 2008, elle acheté à l'étranger pour 70 milliards de dollars d'énergie et de matière première, soit une augmentation annuelle de 49 %). D'un point de vue stratégique, le plus préoccupant est sa dépendance croissante à l'égard des approvisionnements extérieurs de pétrole. La Chine vient de ravir au Japon la position de 2ème consommateur mondial de pétrole après les Etats-Unis.

L’affirmation de la puissance chinoise dans le domaine spatial ne peut faire oublier un renforcement parallèle de son potentiel militaire, ce qui inquiète ses voisins et partenaires économiques en mer de Chine Taiwan, Corée du Sud).

Le niveau d’éducation de la population est très bas : 16 % de la population est analphabète. Par ailleurs, le pays connait un certain vieillissement de sa population : 1 Chinois sur 4 aura plus de 60 ans en 2040 contre 1 sur 10 actuellement.

III.2. De nombreux caractères d’un pays sous-développé

Le niveau d'industrialisation par habitant demeure celui d'un pays du "Sud" tant la population chinoise est très rural. Le secteur des services reste peu représenté (19 % de la population active en 2009).

L’évolution récente de la Chine a entraîné de grandes inégalités, entre l’intérieur et les régions littorales, mais aussi entre les différents espaces de ces deux grands ensembles (chine littorale et Chine de l’intérieur). Ainsi, nombre de régions de l’intérieur de la Chine sont dans un état de dénuement, voire de misère : on comptait encore, en 2009, 48 millions de paysans en situations de très grande pauvreté. Une telle situation explique l’importance de l’exode rural. 8,7 % des foyers chinois détenaient 60 % de tous les avoirs du pays.

Durant les 15 dernières années, le niveau de vie s'est élevé, mais les inégalités se sont accrues: inégalités entre les villes et les campagnes (les revenus des citadins sont trois fois supérieurs à ceux des ruraux); inégalités dans les villes, et dans les campagnes (10 % des paysans souffriraient de disette. Cette montée des inégalités sociales nourrit la crise socio-politique chinoise.

 

Document : La croissance des inégalités.

L'école secondaire est réglée depuis 1985 par un système à 2 vitesses. Seule une petite partie des jeunes auront accès au second cycle. Les meilleurs, près une sélection extrêmement sévère (…) pourront se présenter aux concours d'entrée dans les universités, qui sont très difficiles. (…) Les villages les plus pauvres perdent leurs meilleurs maîtres, les bourgs leurs meilleurs professeurs, souvent appelés à des fonctions mieux rémunérées (…) La réforme a affaibli le contrôle du Parti sur l'éducation, à tous les niveaux. Plus que jamais depuis 30 ans, le système est fondé sur une grande inégalité: aux villes le secteur d'élite, financé par les municipalités et l'Etat, (…) aux campagnes le secteur des écoles payées par des villageois ou les paysans.

Source : P. Gentelle, P. Pelletier, "Chine, Japon, Corée", Géographie universelle, Belin-Reclus, 1994

 

Document : Indicateur de développement humain dans différentes régions chinoises.

Shanghai, Beijing 0,850 30ème rang mondial

Tibet 0,400 131ème rang mondial

Ensemble de la Chine 0,630 94ème rang mondial

Source : L’espace mondial, Géographie Tles ES, L et S, Magnard 2004, p..217

 

Conclusion de la troisième partie :

A l’instar des Dragons et des autres pays de l’Asie orientale, la Chine est marquée par une croissance économique sans précédent qui permet de compter dans le marché mondial. Actuellement, la Chine est à la fois une puissance, du fait de son étendue, de sa population, de sa production industrielle, un pays pauvre avec un PNB de 620 dollars par habitant.

 

Conclusion du chapitre :

L’aire asiatique occupe une place majeure dans le fonctionnement du monde actuel tant elle a une puissance de production industrielle certaine.

Cette aire manque de cohésion du fait de la montée en puissance d’un plus grand nombre d’Etats de plus en plus en concurrence.

 

Document : Indicateur de développement humain dans différentes régions chinoises.

Shanghai, Beijing 0,850 30ème rang mondial

Tibet 0,400 131ème rang mondial

Ensemble de la Chine 0,630 94ème rang mondial

Source : L’espace mondial, Géographie Tles ES, L et S, Magnard 2004, p..217

 

Conclusion de la troisième partie :

A l’instar des Dragons et des autres pays de l’Asie orientale, la Chine est marquée par une croissance économique sans précédent qui permet de compter dans le marché mondial. Actuellement, la Chine est à la fois une puissance, du fait de son étendue, de sa population, de sa production industrielle, un pays pauvre avec un PNB de 620 dollars par habitant.

 

Conclusion du chapitre :

L’aire asiatique occupe une place majeure dans le fonctionnement du monde actuel tant elle a une puissance de production industrielle certaine.

Cette aire manque de cohésion du fait de la montée en puissance d’un plus grand nombre d’Etats de plus en plus en concurrence.

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