Les Contrastes de développement et la question du développement

Les contrastes de développement  et la question du développement dans le monde

 

L’espace monde se caractérise par de très importantes disparités de développement. A l’opulence d’un petit nombre d’Etats considérés comme développés s’oppose la pauvreté des autres, pays qui luttent, avec des fortunes diverses, pour combler leurs retards socio-économiques et sortir du sous développement.

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Leçon 1 : Un monde inégalement développé

 

Introduction

Depuis les années 1950, une ligne de clivage oppose les pays riches aux pays pauvres . Mais cette opposition ne rend plus totalement compte de contrastes beaucoup plus complexes.

 

I. Définir et évaluer le développement

Le développement est une notion complexe, difficile à définir et à évaluer.

I.1. Définir le développement

Le développement peut se définir comme une croissance économique s’accompagnant d’une amélioration des conditions de vie en terme d’espérance de vie, d’éducation, d’accès à l’emploi, de respect des libertés individuelles et collectives, etc.

I.2. Evaluer le développement

Longtemps, le PIB et le PNB ont été les indicateurs les plus couramment utilisés pour mesurer le niveau de développement. Dans de nombreux cas, ils sont insuffisants à rendre compte du niveau de vie et de bien-être d’une population.

Conscients de ces insuffisances, le PNUD propose un indicateur assez complet : l’IDH qui combine l’estimation du pouvoir d’achat, du niveau d’instruction et de l’espérance de vie d’une population. L’IDH n’est cependant pas un indicateur parfait puisqu’il ne prend pas en compte l’inégale répartition des revenus dans un pays.

 

II. Géographie du développement dans le monde

La carte du développement nous révèle un monde coupé en deux : d’une part les Etats industrialisés et riches et, d’autre part, les pays pauvres en développement.

II.1. Un "Nord" riche

Le Nord désigne l’ensemble des pays développés qui sont à la fois plus riches, mieux soignés, mieux scolarisés, plus industrialisés, marqués par la permanence des

innovations techniques et scientifiques et très respectueux des droits et libertés individuelles. : Amérique du Nord, Europe, Australie, Nouvelle-Zélande, Japon. Leur PNB/habitant est généralement supérieur à 9625 dollars.

Loin d’être homogène, le Nord comprend deux sous-ensembles : la Triade (UE, USA et Japon) qui bénéficie des IDH les plus élevés, et les Etats de l’Europe de l’Est, en pleine transition économique. Ces derniers forment une sorte de périphérie du Nord dont certains peuvent être reclassés dans les PVD.

II.2. Un Sud "pauvre"

Le Sud désigne les pays sous développés au tissu industriel souvent embryonnaire, au système scolaire en crise…Il comprend trois sous groupes :

-Les pays émergents ou NPI: quinze à vingt pays du Sud ont réussi à diversifier leurs économies et à les ouvrir sur le marché mondial. C’est les cas de certains pays d’Asie (Singapour, Taiwan, Thaïlande, Corée du Sud dont le PNB/habitant atteint et dépasse parfois celui de bien des pays du Nord : 13 000 dollars pour Singapour et Taiwan, soit autant que l’Espagne et deux fois plus que la Grèce et le Portugal), d’Amérique latine (Brésil, Argentine, Mexique), voire d’Afrique (Afrique du Sud). La croissance économique rapide de ces pays ne s’accompagne toujours pas d’une évolution positive dans les domaines de la protection sociale, de la démocratie, de l’emploi, de l’éducation, de la corruption, etc.

-Les pays à revenu intermédiaire: ce sont des pays, souvent riches en ressources naturelles, dont le PNB/habitant est compris entre 756 et 9625 dollars. Il existe deux types de pays à revenu intermédiaire : ceux de la tranche supérieure, PNB compris entre 2996 et 9625 dollars, et ceux de la tranche inférieure, PNB compris entre 756 et 2995 dollars.

-Les pays à faible revenu: leur PNB/habitant est inférieur à 750 dollars. Ce sous ensemble est dominé par les pays les moins avancés.

 

III. Les écarts de développement entre le Nord et le Sud

Entre les populations du Nord et celles du Sud, les écarts de richesse individuelle sont énormes. Ainsi, en moyenne, un Ethiopien est près de 600 fois moins riche qu’un australien ; un Suisse 163 fois plus riche qu’un malien. Dans le domaine du développement humain, on note que les sociétés des pays riches, même si elles comprennent des minorités pauvres souffrant d’exclusion, ont globalement atteint des hauts niveaux de vie marqués par la satisfaction des besoins matériels, l’accès à un certain confort de vie, des loisirs…. Alors que celles des pays pauvres sont généralement assez démunies: plus de 1,5 milliard de personnes disposent de moins de 600 frs cfa/ jour.

D’autres problèmes de moindre ampleur dans le Nord affectent encore largement le Sud. Il s’agit du retard en matière d’éducation (près de 900 millions d’analphabètes), de la précarité du système de santé (1 médecin pour 6000 habitants au Sud contre 500 au Nord).

 

Conclusion

Au total, il ressort que les inégalités de richesses entre les pays se traduisent par des conditions de vie très différentes. Les inégalités entre les pays ne doivent pas masquer celles qui existent à l’intérieur de tous les pays, y compris les plus riches.

 

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Leçon 2 : La question du développement

 

Introduction

Touchant plus de la moitié de l’humanité, le sous-développement s’exprime par des caractères sociaux, économiques, politiques. En ce début de millénaire, il focalise l’attention de la communauté internationale tant ses conséquences sont plurielles et affectent l’ensemble du globe.

 

I. Les caractères et/ou manifestations du sous développement

Les caractères du sous-développement sont à la fois économiques, sociaux et politiques.

I.1. Les caractères économiques du sous-développement

Les caractères économiques du sous-développement sont : les faiblesses des rendements et des productions agricoles ; le retard industriel, une spécialisation industrielle excessive et un dualisme industriel (un secteur archaïque et un secteur moderne dépendant en grande partie des investissements des pays développés) ; l’étroitesse des marchés nationaux de consommation ; la dépendance technologique, financière et commerciale.

I.2. Les caractères sociaux du sous-développement

Quant aux caractères sociaux, on dénombre : la croissance démographique forte ; la sous alimentation et/ou la malnutrition ; le dénuement médical ; la forte natalité infantile et la participation importante des enfants aux activités économiques ; les insuffisances en matière d’éducation et de formation ; l’importance des inégalités sociales ; le chômage, etc.

I.3. Les caractères politiques du sous-développement

La fréquence des régimes autoritaires, des tensions. Les valeurs démocratiques et libertés individuelles sont souvent violées.

 

II. Les origines du sous-développement

Les origines du sous-développement sont internes et externes.

II.1. Les origines internes du sous-développement

• Le boom démographique oblige les Etats du Sud d’investir dans de nombreux domaines : Santé, formation des jeunes, logement.. Ainsi, au lieu d’être un facteur de croissance, il constitue pour les PVD un handicap à la croissance et au développement.

• La responsabilité du citoyen : Les citoyens par leur comportement (manque de conscience professionnelle individuelle, non respect du bien public) constituent aussi des obstacles au développement.

• La responsabilité des pouvoirs publics : Ils sont aussi mis en cause par leurs choix politiques (dictature), les détournements des deniers publics, l’usage de la corruption. Cette incapacité d’organiser la vie politique, économique et sociale du pays est souvent source de tensions sociales et de guerres civiles.

II.2. Les origines externes du sous-développement

• La colonisation : Associée à la traite des Noirs, elle a détruit les économies locales traditionnelles, favorisant les cultures commerciales au détriment des cultures vivrières, et a privilégié les activités extractives au détriment des activités manufacturières.

• Les difficiles rapports Nord-Sud : Ils sont marqués par la dépendance commerciale, technologique et financière des pays du Sud. La dépendance commerciale est due à l’échange inégal et à la détérioration des termes de l’échange (défavorables aux PVD). Incapables d’accumuler des revenus dans le cadre du commerce mondial, les PVD font massivement appel aux capitaux étrangers. Leur endettement est devenu aujourd’hui alarmant (la dette des PED est estimée aujourd’hui à près de 2 500 milliards de dollars).

 

III. Comment sortir du sous-développement ?

Diverses stratégies de développement ont été mises en œuvre dans les PED sans qu’aucune ne puisse incarner un modèle universel.

III.1. La diversité des stratégies de développement

En se fondant sur des modèles économiques et sur les ressources disponibles, les Etats du Sud ont mis en œuvre des stratégies de développement différentes voire divergentes. Quelques Etats du sud ont choisi de fonder leur développement sur l’agriculture d’exportation, d’autres sur la croissance industrielle (l’industrialisation par substitution : remplacer les importations de produits manufacturés par des produits fabriqués dans le pays lui-même, c’est le cas de l’Argentine, du Brésil… A partir du modèle mis en place à Hong Kong dès 1945, et repris par la suite par les quatre « dragons », certains Etats du Sud ont mis en œuvre une politique d’industrialisation par promotion d’exportations, parfois qualifiée d’économie extravertie. Il s’agit de remplacer les exportations traditionnelles par d’autres adaptées aux ressources du pays ou qui bénéficient de la main d’œuvre bon marché. La Corée du Sud est un exemple remarquable de réussite de cette politique.

III.2. Repenser la coopération Nord-Sud

Les pays du Sud doivent s’organiser politiquement et régionalement pour négocier en position de force avec le Nord afin de mettre fin à la dépendance ; rechercher des accords avec les nouveaux pays industrialisés (NPI) ; demander l’aménagement de la dette et même sa suppression totale… Ils doivent renforcer les intégrations sous-régionales afin de créer à terme des espaces économiques susceptibles de redynamiser le développement.

III.3. L’encadrement de la population

Les secteurs de l’éducation et de la santé, préalables à tout développement, méritent une attention toute particulière dans les PED. Par ailleurs, ces pays doivent œuvrer dans le sens d’une plus grande justice sociale et d’une solidarité nationale plus forte, avec le souci de rééquilibrer le développement.

 

Conclusion :

La question du développement permet de mieux comprendre la situation économique des pays du Sud. En mettant en relief les origines et les caractères du développement, elle débouche sur la diversité des stratégies de développement. Le sous-développement n’est pas une fatalité. Une redéfinition des politiques économiques et sociales dans les pays du Sud permet d’en sortir.

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