Les grandes dates de la 2ème Guerre mondiale (1939-1945)

Les grandes dates de la 2ème Guerre mondiale (1939-1945) 

 (par le Professeur Darius ENGUENGH)

 

L'année 1939

15 mars : L'Allemagne occupe la Bohème Moravie

Après les accords de Munich, l’annexion de territoires par la Pologne et la Hongrie, puis la sécession de la Slovaquie qui adopte un régime fascisant, la Bohème Moravie est envahie par l’Allemagne nazie. C’est la fin de la Tchécoslovaquie ainsi que des accords de Versailles et de Saint-Germain-en-Laye. Quant aux accords de Munich, ils ont manifestement raté leur objectif qui était le maintien de la paix. La Bohème Moravie devient dès le lendemain un protectorat soumis à une rude occupation tandis que la Slovaquie ne sera rien d’autre qu’un Etat satellite de l’Allemagne. Le gouvernement Beneš, qui a démissionné et quitté le pays après les accords de Munich, organisera la résistance à partir de Londres.

7 avril : L'Italie envahit l'Albanie

Après avoir exercé de fortes pressions sur le pays, l’Italie de Benito Mussolini envahit le territoire albanien. Victor-Emmanuel II, le roi d’Italie, est proclamé roi d’Albanie. La résistance s’organisera bientôt dans le pays, associant communistes et nationalistes.

 22 mai : Signature du pacte d'Acier

Les ministres allemand et italien des Affaires étrangères, von Ribbentrop et le comte Ciano, signent à Berlin un pacte d'assistance militaire offensif. Il scelle officiellement l'union des forces de l'Axe déjà définie en novembre 1936 : l'Allemagne nazie (qui a annexé l'Autriche et la Tchécoslovaquie) et l'Italie fasciste (qui a annexé l'Albanie). Le 1er septembre, l'Allemagne envahira la Pologne et déclenchera la Seconde Guerre mondiale.

 2 août : Lettre d'Einstein à Roosevelt

Albert Einstein cosigne avec les physiciens Leo Szilard, Edward Teller et Eugen Wigner, une lettre au président Roosevelt expliquant les risques que présenterait l’Allemagne nazie si elle détenait l'arme atomique. Suite au courrier, Roosevelt créera le "Manhattan Project" ayant pour objectif la réalisation d'une bombe atomique, comme le demandait le courrier. Le 6 et 9 août 1945, les Américains lanceront deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.

 23 août : Le pacte germano-soviétique

L'URSS et l'Allemagne signe à Moscou un pacte de non-agression valable pour 10 ans. Un protocole secret répartit leur zone d'influence en Europe de l'Est. Hitler, qui obtient ainsi la neutralité de l'URSS, déclarera la guerre à la Pologne le 1er septembre. Staline en profitera alors pour agresser la Finlande, annexer les pays baltes et envahir la Roumanie. Ce pacte sera rompu lorsque Hitler lancera une attaque contre l'URSS le 22 juin 1941.

 1 septembre : La Wehrmacht envahit la Pologne

Vingt ans après la fin de la Première Guerre mondiale, que les survivants voulaient comme la "der des ders" (la dernière), Hitler, qui cherche à assurer l'"espace vital" de l'Allemagne, envahit la Pologne. Deux jours plus tard, La Grande-Bretagne et la France déclareront la guerre à l'Allemagne. C'est le début de la Seconde Guerre mondiale qui ne s'achèvera qu'en 1945 et fera plus de 50 millions de morts. La défaite de la Pologne, dotée d’une armée obsolète, sera rapide. Le sort de la Pologne pendant l’occupation sera particulièrement difficile.

 2 septembre : Le général Guisan protège les frontières suisses

Pays neutre et grand centre de capitaux étrangers, la Suisse mobilise son armée afin de protéger ses frontières d’une éventuelle occupation allemande. Durant toute la Seconde Guerre mondiale, le pays sera défendu par le général Guisan et les tentatives d’invasion nazies seront toutes arrêtées.

 3 septembre : Londres et Paris déclarent la guerre à l'Allemagne

Suite à l'invasion de la Pologne le 1er septembre par les troupes allemandes, la Grande-Bretagne se déclare en guerre avec l'Allemagne à 12 heures. La France fait de même à 15 heures. La Seconde Guerre mondiale a démarré.

10 septembre : Le Canada en guerre

Sept jours après la Grande-Bretagne et plus de deux ans avant les Etats-Unis, le Canada entre dans la Seconde Guerre mondiale. La situation reste toutefois délicate, étant donné que les Canadiens français rejettent toute participation humaine au conflit. Au début des années 1940, le pays s’industrialisera très rapidement et fournira un renfort conséquent aux alliés.

 17 septembre : Les Soviétiques entrent en Pologne

Une clause secrète du pacte germano-soviétique signé en août 1939 entre Hitler et Staline, permet aux deux puissances d'envahir l'une après l'autre la Pologne. Deux semaines après l'entrée des allemands à l'Ouest, les soviétiques passent la frontière à l'Est. Dès le mois d'octobre, les juifs sont enfermés dans des ghettos.

 30 novembre : L'URSS attaque la Finlande

Sans même lui avoir déclaré la guerre, Staline envahit la Finlande suite à un différent frontalier concernant l'isthme de Carélie. 400 000 soldats russes prennent d'assaut le pays. La capitale, Helsinki est bombardée ainsi que la ville de Viborg. 265 000 Finlandais résisteront à l'Armée rouge dans ce conflit, appelé la "Guerre d'hiver". L'Opinion internationale s'insurge contre cette agression. L'URSS sera exclue de la SDN le 14 décembre. Le conflit, plus difficile que prévu pour les Soviétiques, ne prendra fin qu'avec la signature du traité de Moscou le 12 mars 1940 où la Finlande devra céder une partie de son territoire. L'URSS annexera en effet 40 000 km2. En 1941, la Finlande reprendra l'offensive en s'alliant à l'Allemagne.

 

L'année 1940 

 9 avril : L'Allemagne envahit la Norvège et le Danemark

L'opération "Weserubung" est lancée par les troupes allemandes à 2h15 en Norvège et à 5h20 au Danemark. Le roi danois, Christian X, ordonne immédiatement le cessez-le-feu à ses troupes. En Norvège la population résiste à l'invasion et des croiseurs allemands sont coulés. Un contingent franco-britannique leur viendra en aide à partir du 19, permettant de mettre à l’abri la flotte marchande. Hitler justifie cette invasion en proclamant : "L'Allemagne occupe le Danemark et la Norvège pour les protéger des Alliés et faire respecter leur neutralité jusqu'à la fin du conflit". En fait, les deux pays bénéficieront jusqu’en 1943 d’une occupation moins violente que dans de nombreux pays. Le Danemark parviendra à faire passer de nombreux juifs en Suède pour les protéger de la déportation.

 10 mai : Hitler envahit la Belgique

7 mois après la déclaration de guerre de la France et de l'Angleterre, l'Allemagne rompt le front occidental. Le Führer met ainsi fin à la "drôle de guerre" en lançant ses armées sur les Pays-Bas, la Belgique et la France. En quelques jours, 8 à 10 millions de Belges et de Français se retrouvent sur les routes. Les états-majors néerlandais et belge capitulent les 15 et 27 mai. Les Allemands entrent dans Paris le 14 juin et le maréchal Pétain demande l'armistice qui sera signé le 22 juin.

 10 mai : Churchill premier ministre

Face à la situation de crise provoquée par le début de la Seconde Guerre mondiale, Chamberlain démissionne et laisse sa place à Winston Churchill. Celui-ci s’était fait remarquer en 1938 lorsqu’il dénonçait les Accords de Munich et prédisait une guerre imminente. Lors de son premier discours devant la Chambre des communes le 13 mai, il prononce la célèbre phrase : "Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, de la sueur et des larmes" qui démontre sa détermination. Churchill devient rapidement l’incarnation de la farouche résistance anglaise aux nazis. Très favorable à la France, il n’hésitera pas à bombarder la flotte postée à Mers el-Kébir après la signature du traité de Rethondes entre l’Allemagne et la France.

 26 mai : Opération "Dynamo" à Dunkerque

Le vice-amiral britannique Bertram Ramsay donne le feu vert pour l'évacuation des troupes alliés encerclées à Dunkerque (Nord). L'opération porte le nom de "Dynamo" en souvenir d'un ancien PC de Ramsay où fonctionnait un groupe électrogène. Surprises par l'avancée allemande, les troupes françaises et britanniques ont dû battre en retraite jusqu'à Dunkerque, le dos à la mer. La Royal Navy a réquisitionné tous types de bateaux et en neuf jours, 340 000 hommes sont rapatriés en Grande-Bretagne. Mais cela n'est pas suffisant : le 4 juin, 30 000 Français restés sur les plages doivent se rendre aux Allemands.

 28 mai : Léopold III capitule

Face à l’invasion nazie, le roi belge Léopold III est contraint de capituler sans armistice. Enfermé par les Allemands au château de Laeken, il fut totalement écarté de son gouvernement, exilé à Londres. En 1944, il sera emmené en Autriche tandis que le gouvernement rejoindra Bruxelles dès le 8 septembre. S’en suivront alors de nombreux conflits internes et politiques quant au retour du souverain. Il faudra attendre 1950 pour que le roi foule à nouveau le sol de son pays.

 5 juin : De Gaulle nommé sous-secrétaire d’État à la Défense par Paul Reynaud

Par les contres offensives qu'il a mené à la tête de sa division cuirassée, Charles de Gaulle a prouvé la pertinence de ses thèses militaires fondées sur le mouvement de troupes et la prépondérance des chars. Paul Reynaud, alors président du Conseil, s'en souvient et appelle de Gaulle à rejoindre un gouvernement restreint et à prendre la place de sous-secrétaire à la Défense. Mais la guerre est déjà perdue pour la France et de Gaulle ne tolérera pas d'armistice avec les nazis et autres fascistes. Ainsi, face aux manoeuvres de Laval et de Pétain, il préfère traverser la Manche pour poursuivre le combat à partir de l'Angleterre.

 10 juin : L’Italie entre en guerre

Bien que son armée ne soit pas tout à fait prête à entrer en guerre, l’Italie profite de la faiblesse de la France pour lui déclarer la guerre. Aux côtés de l’Allemagne nazie, avec laquelle elle a conclu le pacte d’Acier, elle fait de même vis-à-vis du Royaume-Uni. Toutefois, l’Italie cumulera les défaites militaires.

 14 juin : Les Allemands à Paris

La Wehrmacht entre dans Paris, vidé des trois-quarts de ses habitants. Le premier acte de l'occupant est d'ôter le drapeau tricolore qui flotte sur le ministère de la Marine et de dresser le drapeau à croix gammée au sommet de l'Arc de triomphe. Le 17 juin, le maréchal Pétain, qui vient d'être nommé président du Conseil, demandera l'armistice. La capitale sera libérée le 25 août 1944.

 16 juin : Pétain président du Conseil

Philippe Pétain, 84 ans, le vainqueur de Verdun et l'un des derniers maréchaux survivants de la Grande Guerre, est nommé président du Conseil, après la démission de Paul Reynaud. La moitié de la France étant occupée par les Allemands, il demande aussitôt l'armistice et installe son gouvernement à Vichy. En juillet, l'Assemblée nationale lui donnera les pleins pouvoirs. Pétain mettra alors fin à la République et instaurera, sous la devise "Travail, Famille, Patrie", un Etat nationaliste et autoritaire, dominé par les Allemands.

17 juin : Jean Moulin tente de se trancher la gorge

Arrêté pour s’être opposé à l’occupant, Jean Moulin est battu et emprisonné. Il refuse catégoriquement de signer un document accusant injustement de meurtre des tirailleurs sénégalais de l’armée française. Face à la pression allemande, il préfère se trancher la gorge à l’aide d’un débris de verre plutôt que de leur céder quoique ce soit et ainsi de se déshonorer. Tout de suite après avoir commis cet acte suicidaire, il est soigné et libéré.

 18 juin : L'appel du 18 juin

Le 18 juin 1940, depuis la BBC à Londres, le général de Gaulle lance un appel aux militaires français alors que le gouvernement Pétain négocie avec l'Allemagne. Son message sera diffusé sur les ondes à 22 h et rediffusée le lendemain à 16 h. Peu écouté sur le moment, il est repris dans les journaux encore libres du sud de la France puis affiché dans les rues de Londres et devient le symbole de la résistance. Réenregistré le 22 juin, le jour même de l'armistice franco-allemand, le texte s'est plusieurs fois transformé. L'appel original a d'ailleurs une tonalité moins guerrière que les versions suivantes, certains dirigeants anglais interdisant au départ à de Gaulle de stigmatiser Pétain. Le 28 juin, de Gaulle sera reconnu par Winston Churchill, comme le chef des Français libres.

 Le texte original du 18 juin 1940

Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis. Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays.

Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres.

 

22 juin : La France signe l'armistice

Le général Charles Huntziger, le chef de la délégation française, signe l'armistice dans la forêt de Compiègne, à Rethondes, dans le même wagon où avait été signé l'armistice allemand le 11 novembre 1918. C'est Joseph Goebbels qui a choisit l'endroit, pour effacer l'"humiliation". Cet armistice met un terme à la participation de la France au conflit et fait du nord du pays une zone sous occupation allemande.

 2 juillet : Le gouvernement Pétain s'installe à Vichy

A la suite de la signature de l'armistice avec l'Allemagne le 22 juin, le gouvernement français quitte Bordeaux pour Vichy en zone libre. Installé à l'hôtel du Parc, il est tout de suite nommé "gouvernement de Vichy". Le maréchal Pétain impose une modification de la Constitution qui aboutira le 10 à la création de "l'Etat français". La nouvelle devise de la France sera "Travail, Famille, Patrie".

 3 juillet : La flotte française détruite à Mers-El-Kebir

L'aviation anglaise ouvre le feu à 18 heures sur les bâtiments français basés à Mers el-Kebir près d'Oran. Le cuirassé "Bretagne" est coulé, les cuirassés "Dunkerque" et "Provence" gravement endommagés. 1380 marins français trouvent la mort. L'attaque britannique survient quelques jours après la signature de la capitulation française face à l'Allemagne. Le gouvernement de Winston Churchill craignant que la flotte française ne passe aux mains du Reich propose aux forces navales françaises d'Algérie de passer sous leur autorité. L'assaut est donné après que le chef de la flotte française, l'amiral Marcel Gensoul, ait rejeté l'ultimatum du vice-amiral britannique Somerville.

10 juillet : Pétain instaure l'Etat Français

A 14 heures, le Parlement rassemblé au Grand-Casino de Vichy vote la fin de la IIIe République, par 569 voix contre 80 et 19 abstentions. Tous les pouvoirs reviennent au Président du Conseil, le maréchal Philippe Pétain âgé de 85 ans. Il prend en charge la rédaction de la nouvelle constitution appelée "Constitution de l'Etat français". Il y est stipulé que devront être garantis "les droits du travail, de la famille et de la patrie." Pétain prend le titre de chef de l'État français et instaure un régime autoritaire. Le 12 juillet, il désignera Pierre Laval comme vice-président du Conseil et successeur. L'Etat Français s'effondrera à la libération en août 1944.

 14 juillet : Première diffusion de l’émission "les Français parlent aux Français"

Au lendemain du célèbre Appel du Général De Gaulle, l’émission de propagande "les Français parlent aux Français" est créée. Diffusée depuis la BBC à Londres, elle et son équipe sont dirigées par Michel Saint-Denis. Elle propose de nombreux reportages et commentaires sur l’actualité, tous destinés à servir la cause alliée, et sera diffusée jusqu’en août 1944.

 7 août : Churchill reconnaît la légitimité du général de Gaulle

Churchill, s'opposant ainsi à une partie de son entourage, reconnaît la pleine légitimité du Général de Gaulle et des mouvements de résistance. Autrement dit, il devient aux yeux des britanniques le véritable représentant de l'Etat français. Rooselvelt, qui n'exclut pas une coopération avec le régime Vichy et qui se méfie de la personnalité du général, sera bien moins enthousiaste. Toutefois, c'est le début d'un processus de reconnaissance et de soutient financier qui permettra à la France Libre de participer aux combats et au pays d'être considéré comme un membre des Alliés en 1945.

 7 septembre : L'Angleterrre frappée par le Blitz

Après que la RAF a réussi à bombarder Berlin, Hitler promet « Nous raserons l'Angleterre », début septembre. Quelques jours plus tard, la Luftwaffe abandonne les cibles militaires et entame ses premiers bombardements aériens intensifs sur les civils en concentrant ses attaques sur Londres. C’est le début du Blitz, étape importante de la bataille d’Angleterre : en cherchant à saper le moral des Anglais, Hitler soude en fait la population contre l’ennemi nazi. Le blitz (éclair), durera près d’un mois.

 15 septembre : Arrestation de Léon Blum

Le gouvernement de Vichy fait arrêter Léon Blum. Représentant du Front Populaire, mouvement envers lequel la droite nationaliste éprouve un certain ressentiment, et opposant ouvert à Pétain puisqu’il a voté contre son accession aux pleins pouvoirs, il est emprisonné à Chazeron. Contrairement à de nombreux socialistes, il n’a pas rejoint Londres mais tente d’organiser la résistance depuis sa détention. La Cour de Riom veut le condamner pour une supposée participation à la défaite militaire de la France. Mais face à la faiblesse de l’accusation et à la rigueur de la défense, le procès est suspendu et Blum remis aux Allemands. Il sera alors déporté à Buchenwald.

 3 octobre : Statut des juifs en zone libre

Sans avoir reçu aucune pression de la part du régime nazi, le gouvernement de Vichy promulgue une nouvelle loi sur le statut des juifs. L'article 1er stipule: "Est regardé comme juif […] toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de la même race, si son conjoint lui-même est juif." Cette mesure est la première d'une série qui iront en s'aggravant. De nombreuses professions seront interdites aux juifs. La collaboration, présidée par le Maréchal Pétain, entraînera la déportation de 75 721 personnes, dont 6012 enfants.

 24 octobre : Poignée de main entre Pétain et Hitler

Le maréchal Philippe Pétain rencontre Adolf Hitler dans son train blindé près de la gare de Montoire-sur-le-Loir. Pétain accepte de devenir l'allié des forces de l'Axe et s'oppose désormais à l'Angleterre. Leur pacte est scellé devant le monde entier par une lourde poignée de main. Le gouvernement de Vichy sera reconnu comme étant le seul gouvernement légal de la France. Cette entrevue a été organisée par Pierre Laval qui avait déjà rencontré le Führer le 22 octobre. Dans une allocution à la radio le 30 octobre, Pétain appellera tous les Français à la "collaboration".

 28 octobre : L’Italie attaque les frontières de la Grèce

A l'initiative de Mussolini, les troupes italiennes commencent à envahir le territoire grec depuis l’Albanie. Toutefois, l’armée de Metaxas, au pouvoir depuis 1936, résiste de toutes ses forces et parvient à repousser les envahisseurs. Elle leur inflige de terribles défaites, éveillant l’attention des troupes allemandes. Ces dernières se rendront sur les lieux dès le mois d’avril et la Grèce finira par capituler le 23. Georges II s’exilera alors en Égypte avant de rejoindre l’Angleterre. La résistance héroïque des Grecs, auréolée de batailles dans des lieux hautement symboliques comme les Thermopyles et Athènes aura retardé les plans allemands, dont l’opération Barbarossa.

 27 novembre : Annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Allemagne nazie

L’Allemagne nazie annexe l’Alsace-Lorraine, objectif majeur en France. En effet, les allemands ne se contentent pas d’occuper cette région mais ils souhaitent l’intégrer à leur territoire, vengeant ainsi l’affront de 1918 et le « Diktat » si vigoureusement dénoncé par Hitler. La région avait en effet appartenu à l’Allemagne de 1871 à 1918.

 13 décembre : Pétain renvoie Laval

Pierre Laval est démis de ses fonctions de vice-président du Conseil par le général Pétain qui lui assène : "Vous n'avez plus ma confiance". Pierre-Etienne Flandin le remplace. Accusé d'être trop impliqué avec l'Allemagne, Laval est arrêté par le général de La Laurencie et assigné à résidence. Cette arrestation rend Hitler furieux. Le Führer fait libérer Laval le 17. Ce dernier reviendra sur la scène politique française en avril 1942 pour consolider la politique de collaboration.

 

 L'année 1941

 14 février : L'Afrikakorps débarque à Tripoli

Envoyé par Hitler pour secourir leurs alliés italiens débordés par les Anglais, un corps expéditionnaire de l'armée allemande arrive à Tripoli, capitale de la Libye italienne. A la tête des unités allemandes, le général Erwin Rommel. L'Afrikakorps se divisera en deux sections, une de reconnaissance et une antichar, qui viendront appuyer les troupes du général Rodolfo Graziani.

 27 mars : Pierre II de Yougoslavie renverse les nazis

Le jeune roi de Yougoslavie Pierre II, âgé de 17 ans, opère un coup d'Etat contre le gouvernement du président du Conseil yougoslave qui a ratifié le pacte tripartite germano-italo-japonais avec Hitler. Le putsch militaire ramène le pays à la neutralité. Les Yougoslaves descendent dans les rues et affirment leur soutien au jeune monarque. Le 6 avril, sans aucune déclaration de guerre, la Yougoslavie sera attaquée par les forces de l'Axe. Elle capitulera quelques jours plus tard.

 6 mai : Staline devient chef du gouvernement soviétique

Staline remplace Molotov au poste de président du Conseil des commissaires du peuple, prenant ainsi pour la première fois une responsabilité officielle au sein de l'appareil d'état soviétique. Le secrétaire général du Parti communiste de l’URSS a su, depuis la mort de Lénine en 1924, éliminer ses rivaux et s'imposer comme seul maître de l'URSS. Il le restera jusqu'à sa mort en 1953.

 24 mai : Le "Bismarck" coule le "Hood"

Le cuirassé allemand "Bismarck" coule le croiseur "HSM Hood", l'orgueil de la Royale Navy, dans l'Atlantique Nord. 1 400 marins périssent. Aussitôt l'amirauté britannique alerte tous ses navires et diffuse l'ordre : "Trouvez et coulez le Bismarck". Trois jours plus tard, le "Bismarck" sera torpillé au large de Brest par des croiseurs britanniques, emportant 1 800 personnes avec lui.

 22 juin : Mussolini lance la guerre contre l’URSS

Malgré ses précédentes déroutes militaires, Benito Mussolini prend l’initiative d’envoyer ses troupes combattre en URSS. Il espère enfin jouir de ses propres victoires et ne plus vivre les succès militaires par procuration avec son allié allemand. Mais le résultat de cette intervention s’avère une fois de plus désastreux. Mussolini perd de plus en plus l’estime de Hitler et de la population italienne.

 22 juin : Opération "Barbarossa" en URSS

Les troupes allemandes pénètrent en Union Soviétique. Nom de l'opération : "Barbarossa". Pourtant alerté par ses services secrets, Staline ne s'attendait pas à ce qu'Hitler rompe le pacte de non-agression signé deux ans plus tôt. Bien qu'ennemi du bolchevisme, le Premier ministre britannique, Winston Churchill, apporte aussitôt son soutien à l'URSS. La Wehrmacht, d'abord victorieuse face à une Armée rouge démoralisée, sera arrêtée par l'hiver avant d'atteindre Moscou. Considérant les Slaves comme des sous-hommes et le communisme comme leur principal ennemi, les nazis mèneront en URSS une guerre bien plus cruelle qu’à l’ouest. Cette attitude jouera en leur défaveur, stimulant le patriotisme russe au sein de toute la population.

 14 juillet : Armistice au Liban et en Syrie

Aidées par une division de la France libre dirigée par le Général Catroux, les troupes britanniques contraignent les Vichystes à l’armistice en Syrie et au Liban. Les combats avaient commencé début juin. Le Général Catroux, au nom du Général de Gaulle, promet alors l’indépendance à Damas et à Beyrouth. Mais les français, pressés par les britanniques, ne sont en fait guère enthousiastes et préfèrent reculer l’échéance. De fait, la France ne renoncera à ses mandats que lorsque la guerre sera achevée en 1946, même si l’indépendance officielle du Liban date de 1943.

 14 août : Signature de la Charte de l'Atlantique

Le président des Etats-Unis Franklin Delano Roosevelt et le Premier ministre britannique Winston Churchill se rencontrent à bord du cuirassé anglais "Prince of Wales", au large de Terre-Neuve. Ils signent une série de principes moraux, pour l'avènement "d'un meilleur avenir pour le monde". Roosevelt veut ainsi préparer son opinion publique à une entrée en guerre contre l'Allemagne, aux côtés de l'Angleterre et de l'URSS. Cette Charte sera à l'origine de celle des Nations Unies, signée en 1945.

27 septembre : Fondation du EAM

Le Front national de libération (EAM) est créé pour résister à l’occupation nazie. Principalement communiste et de gauche, elle mettra en place une armée, l’ELAS (Armée populaire grecque de libération). Principal mouvement de résistance lors de l’occupation, elle s’opposera au gouvernement de Georges Papandréou, mis en place en Grèce à la suite de la libération. C’est le début d’une guerre civile en Grèce, qui opposera les communistes aux royalistes. En 1947, un gouvernement provisoire sera créé par les membres communistes de l’EAM. Finalement, les troupes royalistes appuyées par l’Angleterre et les Etats-Unis, vaincront celles des communistes et mettront ainsi fin à la guerre civile en 1949.

 22 octobre : Exécution de Guy Môquet

A Châteaubriant, en Loire-atlantique, 27 prisonniers de guerre Français (pour la plupart communistes) sont fusillés par des soldats allemands. Parmi eux un jeune homme de seize ans appelé Guy Môquet. Cette exécution survient en représailles de l'assassinat d'un officier allemand à Nantes.

 8 novembre : Début du siège de Leningrad

Capitale historique de la Russie et ville hautement symbolique par son nom, Leningrad (Saint-Pétersbourg) voient les armées allemande et finlandaise l’entourer. C'est un objectif majeur de la conquête de la Russie mais, plutôt que de lancer son armée dans une bataille qui peut s’avérer périlleuse et causer de lourdes pertes, Hitler préfère faire le siège. Ainsi, jusqu’au 18 janvier 1944, la ville de trois millions d’habitants sera totalement coupée de l’extérieur, à l’exception d’une voie d’eau via le lac Ladoga. Survivant dans des conditions extrêmement difficiles, la ville verra mourir plus d’un tiers de sa population.

 7 décembre : Attaque de Pearl Harbor

A 7h55 du matin, l'aviation japonaise attaque par surprise la flotte de guerre américaine basée à Pearl Harbor dans l'archipel d'Hawaï. Plus de 2000 américains et une centaine de Japonais seront tués. L’objectif de l’empire du Japon est d’assurer son hégémonie dans le Pacifique. Il cherche à détruire la flotte américaine pour l’empêcher d’intervenir dans ses missions qui seront bientôt lancées en Malaisie et en direction de l'Australie. Le raid sur Pearl Harbor provoquera l'entrée des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale dès le lendemain.

7 décembre : Décret "Nuit et brouillard"

Le décret "Nacht und Nebel" signé par le Maréchal Keitel prévoit la déportation pour tous les opposants ou ennemis du Reich. Ainsi les personnes représentant un danger pour la sécurité de l'armée allemande, les "NN" seront transférés et disparaîtront dans le secret absolu.

8 décembre : Les Etats-Unis déclarent la guerre au Japon

L'attaque surprise du Japon sur la flotte américaine à Pearl Harbour, contraint l’opinion américaine à répudier son isolationnisme traditionnel. Le président américain Franklin D. Roosevelt annonce au Congrès l'entrée en guerre des américains. Au même moment, à Washington, 26 pays adoptent le programme de la Charte de l'Atlantique. Cela aboutit à la Déclaration des Nations Unies, le 1er janvier 1942, et à la formation de la Grande Alliance contre les puissances de l'Axe et du Japon.

 15 décembre : Massacre au Mont-Valérien

Pendant l'occupation allemande, 75 otages juifs et communistes sont fusillés au mont Valérien, un ancien fort à l'ouest de Paris, dominant le Bois de Boulogne. Parmi les victimes figure Gabriel Péri, 39 ans, ancien journaliste au quotidien du parti communiste, L'Humanité. Les Allemands fusilleront au Mont Valérien, entre 1940 et 1944, un millier d’otages et prisonniers. Ce lieu, consacré par le général de Gaulle, est devenu le martyrologue de la résistance française au nazisme.

 25 décembre : Reddition de Hong Kong aux Japonais

Après 18 jours de combat, les troupes britanniques de Hong Kong se rendent aux forces japonaises. Le gouverneur de la colonie anglaise Sir Mark Young présente sa reddition au général japonais Taikaisi Sakai. Hong Kong sera rendu à la Grande-Bretagne après la fin de la guerre et la défaite du Japon, en 1945

 

L'année 1942

1 janvier : Naissance de la Déclaration des Nations Unies

Les représentants des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de l’URSS et de la Chine se rencontrent à Washington et décident de s’allier contre les puissances de l’Axe. Tous s’engagent en signant la Déclaration des Nations unies. Très vite, 22 autres États les rejoindront dans cet effort de guerre commun. Quelques mois plus tôt, le président américain Roosevelt et le Premier ministre britannique Winston Churchill signaient la Charte de l’Atlantique, qui posait les bases d’une nouvelle politique mondiale commune et préparait déjà une éventuelle coalition face au nazisme. Au cœur du document apparaît pour la première fois le terme de "Nations Unies".

 2 janvier : Jean Moulin parachuté en France

Après sa rencontre avec le général de Gaulle, Jean Moulin est parachuté en Provence, dans la nuit du 1er au 2 janvier, pour accomplir la lourde mission qu’on lui a confiée : unifier la résistance sous l’autorité du général de Gaulle. Il met à profit sa longue expérience administrative pour réorganiser la Résistance. Il mettra en place plusieurs services de communication et d’études après avoir fondé l’Armée secrète, dirigée par le général Delestraint.

 

L'année 1942

20 janvier : Les nazis adoptent la solution finale

La conférence de Wannsee près de Berlin réunit quinze hauts responsables nazis et des officiers SS sous la présidence de Reinhard Heydrich, chef des services secrets allemands. La réunion a pour objectif de débattre sur "la solution finale de la question juive". Il est décidé que les juifs d'Europe en état de travailler seront transférés dans des camps de travaux forcés. Pour ceux incapables de travailler, l'élimination pure et simple est décrétée. Certains camps seront bientôt essentiellement consacrés à cette extermination de masse : Belzec, Sobibor, Treblinka puis Auschwitz. Le génocide du peuple juif est clairement amorcé. Plus de 6 millions d'entre eux périront dans les camps de la mort.

 19 février : Ouverture du procès de Riom

Le gouvernement de Vichy assigne en justice les anciens dirigeants politiques et militaires français: Edouard Daladier, Guy La Chambre, Maurice Gamelin, Léon Blum et Robert Jacomet à Riom dans le Puy-de-Dôme. Ils sont accusés d'être responsables de la défaite de 1940. Plus de 400 témoins sont appelés à comparaître. Les juges ont pour instruction de juger les coupables sur la période allant de 1936 à 1940. Ainsi les actions du maréchal Pétain, ministre de la Guerre en 1934 sortent du champ du procès. Le procès de Riom tournera rapidement à la confusion et Hitler, irrité, le suspendra en avril. Les accusés seront renvoyés en prison puis livrés aux Allemands.

 

 18 avril : Raid de Doolittle

Alors que les Etats-Unis poursuivent leur préparation pour véritablement entrer en guerre contre le Japon, et que celui-ci domine tout le Pacifique, ils décident de faire douter l’ennemi et de remonter le moral des Américains en bombardant Tokyo. Les Japonais considèrent avec raison qu’ils sont à l’abri car les Etats-Unis ne disposent d’aucune base assez proche pour lancer ses bombardiers sur l’île nippone. Toutefois, le lieutenant colonel Doolittle parvient à mettre en place un système qui permet de faire décoller des B-25 (des bombardiers lourds) d’un porte-avion. C’est ainsi que les Etats-Unis peuvent lâcher quelques bombes sur la capitale ennemie avant que leurs avions ne se replient en Chine. Les dégâts sont mineurs mais portent un coup symbolique. Le Japon ne se sent plus à l’abri et doit réorganiser sa défense.

 4 mai : Bataille de la mer de Corail

Ayant pour ambition d’annexer l’Australie, le Japon envoie une flotte dans les îles Salomon et une autre vers l’archipel de Louisiade. Tandis que les troupes américaines repèrent ces mouvements, une bataille navale d’un nouveau genre s’apprête à commencer. Durant quatre jours, les flottes ennemies vont se rechercher et s’épier par le biais de leurs avions. Ceux-ci vont s’affronter et tenter de couler les bateaux ennemis. Chaque flotte perdra d’ailleurs un porte-avion. Le 8 mai, les Japonais abandonneront leur objectif : c’est leur première défaite.

30 mai : Mille bombardiers sur Cologne

La Royal Air Force (RAF) effectue son premier "1 000 Bombers' Raid" sur Cologne, ville allemande sur la rive gauche du Rhin. Selon le général Arthur Harris, il faut briser le moral et le potentiel industriel de l'ennemi par des bombardements stratégiques massifs. Les 1 000 bombardiers détruiront 240 hectares de Cologne, soit beaucoup plus que lors des 1 346 raids aériens déjà effectués contre la ville. C'est le début d'une offensive de trois ans sur les plus grandes villes allemandes.

7 juin : Victoire américaine dans la bataille de Midway

Après un premier coup d’arrêt dans la mer de Corail, l’armée japonaise subit une défaite décisive à l’atoll de Midway, base américaine la plus avancée dans le Pacifique. La encore, les flottent ne se croisent jamais et la bataille se joue dans les airs. Déjouant le plan japonais, l’aéronavale américaine parvient à couler quatre porte-avions nippons tandis qu’elle n’en perd qu’un seul. Après cette défaite, le Japon adoptera une stratégie défensive.

 11 juin : Résistance héroïque à Bir Hakeim

L'Afrikakorps, corps expéditionnaire allemand sous les ordres du maréchal Rommel, s'empare de Bir Hakeim, point d'eau stratégique dans le désert de Libye. Les forces françaises libres (FFL) commandées par le général Koenig résistèrent 16 jours à l'offensive allemande. Koenig avait reçu pour mission de retarder l'offensive de Rommel et de permettre ainsi aux Alliés de préparer la riposte.

 17 juillet : Rafle du Vel' d'Hiv'

Sur ordre de René Bousquet, secrétaire général de la police au ministère de l'Intérieur, 13 000 juifs, dont 4051 enfants, de Paris et la région parisienne sont arrêtés dans la nuit par la police française. Ils sont parqués dans la salle de sports du Vélodrome d'Hiver où ils resteront plusieurs jours. Acheminés à Drancy, les prisonniers seront ensuite conduits dans les camps d'extermination d'Auschwitz à partir du 19 juillet. La rafle du Vel' d'Hiv' est organisée par le gouvernement de Vichy de manière spontanée : jamais les autorités allemandes n'ont donné l'ordre de mettre en œuvre une telle opération.

 7 août : Les marines débarquent à Guadalcanal

La première division de marines débarque à Guadalcanal dans les Iles Salomon. C'est le premier assaut américain contre les positions japonaises dans l'océan Pacifique. Les Japonais avaient commencé à y installer des bases aériennes afin de contrôler le sud-est Pacifique. Ils seront chassés de l'île en février 1943 après de durs combats qui coûteront la vie à plus de 1 600 Américains et 24 000 Japonais. C’est le début du reflux japonais et de la reconquête alliée.

19 août : L'échec du débarquement de Dieppe

La tentative de débarquement des troupes alliés (5 000 Canadiens, 1 100 Anglais et 50 Américains) sur les plages de Dieppe (Haute-Normandie), se termine par un terrible échec. Les allemands qui ont repéré la flotte, mitraillent et bombardent les plages sans répit. 4 000 hommes seront tués, blessés ou faits prisonniers. Ce raid était destiné à tester les défenses allemandes et préparer un débarquement de masse. Les Alliés en tireront toutes les conséquences.

 4 septembre: Le Projet Manhattan est lancé par la Maison Blanche

Ayant compris dès 1939 l’intérêt du nucléaire, les États-Unis décident de structurer et de soutenir plus fortement la recherche sur ce domaine en créant le projet Manhattan. L’objectif est alors d’aboutir à la création d’au moins trois bombes atomiques, selon des étapes définies d’avance : réaliser une première réaction en chaîne dès janvier 1943 et obtenir la première bombe deux ans plus tard. Des moyens industriels et financiers conséquents sont alors mis à disposition des physiciens de renom, dont seul le dernier n’a pas obtenu le prix Nobel : Enrico Fermi, Arthur Compton, Ernest Lawrence et Robert Oppenheimer. La première réaction en chaîne aura lieu dès décembre 1942 tandis que la bombe sera prête en juillet 1945.

 23 octobre : Bataille de El-Alamein

Les Anglais, emmenés par le général Montgomery, lancent une vaste contre-offensive contre les Allemands présents depuis le 30 juin à l'ouest d'Alexandrie. Le maréchal Rommel est obligé de reculer face à la percée de la VIII° armée britannique. Cette bataille marque un coup d'arrêt à la progression de "l'Afrikakorps" en Afrique du Nord. Après une victoire décisive des Alliés en novembre, les troupes allemandes et italiennes reculeront jusqu’à se retirer d'Egypte et de Libye. Au printemps 1943, les forces de l’Axe auront quitté l’Afrique du Nord.

 8 novembre : Débarquement allié en Afrique du Nord

Au petit matin, 75 000 soldats anglais et américains débarquent sur les côtes du Maroc et de l'Algérie. L'intervention alliée, appelée "opération Torch", est menée par le commandant anglais Cunningham et le général américain Dwight Eisenhower. Au même moment François Darlan, le second de Pétain, se trouve à Alger. Il exhorte les français d'Afrique du Nord, fidèles au régime de Vichy, à résister face à l'invasion des alliés. Les combat entre les forces alliées et les Français vont entraîner la mort de plusieurs centaines de personnes. Malgré leur résistance la flotte Française est en déroute. Darlan signera peu après le reddition d'Alger. En représailles, l'Allemagne envahira le sud de la France, la zone libre, le 11 novembre.

 11 novembre : Entrée de l'Allemagne en zone libre

En réponse au débarquement des alliés en Afrique du Nord le 8, Hitler lance sur la France l'opération "Attila". Les Allemands envahissent le sud du pays considéré comme "zone libre". Le gouvernement de Vichy est placé sous le contrôle et l'influence directe de l'Allemagne.

 13 novembre : L'armée britannique reprend Tobrouk

La ville Tobrouk en Libye est reprise aux Allemands par la Grande-Bretagne lors de la campagne de Libye. En Juin 1942, Rommel s'était emparé de la ville avec l'Afrikakorps. Le port de Tobrouk constituait un enjeu stratégique pour l'Allemagne et l'Angleterre car il était le seul à se situer entre l'Egypte et la Tunisie. Grâce à ses eaux profondes il permettait de débarquer avec des navires de guerre et de l'artillerie. Tobrouk est le seul port d'Afrique du Nord à avoir cet avantage.

 27 novembre : Sabordage de la Marine française

A 4h40 du matin, l'armée allemande envahit l'arsenal de Toulon. Devant l'invasion, les marins de la flotte française commandée par l'Amiral Jean de Laborde sabordent l'ensemble de la flotte. Navires, machines et artilleries sont entièrement détruits pour ne pas être livrés à l'Allemagne. Seuls 4 sous-marins réussiront à fuir pour regagner l'Afrique du Nord.

 

L'année 1943

 26 janvier : Fondation du MUR

Malgré les conflits internes entre différents chefs, Jean Moulin parvient à unifier les trois plus grands mouvements de Résistance français. Il fonde ainsi le MUR, Mouvements unis de la Résistance, qui comprend "Combat", de Henri Frenay, "Franc-Tireur", de Jean-Pierre Levy et "Libération-Sud" d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie.

 31 janvier : Défaite allemande à Stalingrad

Encerclées dans Stalingrad (l'actuelle Volgograd) depuis la fin novembre 1942, les troupes de la VIème armée allemande de Friedrich Paulus se rendent à l'armée rouge. Depuis longtemps déjà, l'aviation allemande ne réussit plus à ravitailler les hommes pris au piège dans ce qu'ils appellent "le chaudron". Le froid de plus en plus rigoureux et les munitions de plus en plus rares finissent par décourager définitivement les soldats d'Hitler. Ce dernier a interdit à Friedrich Paulus de se rendre. Il l'a fait élever au rang de Maréchal du Reich le 25 pour l'empêcher de capituler. Mais en vain. Les derniers soldats allemands se rendront le 3 février. 90 000 allemands sont morts de froid et de faim au cours du siège de Stalingrad.

 16 février : Institution du STO

Une loi votée par le gouvernement de Vichy instaure le Service du Travail Obligatoire pour les hommes âgés de 21 à 23 ans. Les classes 1940, 1941 et 1942 sont envoyées en Allemagne pendant deux ans pour fournir de la main d'œuvre au IIIème Reich. Environ 700 000 hommes seront appelés à accomplir le STO. En contrepartie, le gouvernement de Pierre Laval obtient de l'Allemagne la suppression de la ligne de démarcation (qui en pratique n'existe plus car les allemands occupent la "zone libre" depuis novembre 1942). De plus, les départements du Nord et du Pas-de-Calais, sont rattachés à nouveau à l'administration française. Ils dépendaient de la Belgique. On estime à 10 % le nombre de Français réfractaires au STO qui ont rejoint le maquis.

 19 avril : La révolte du ghetto de Varsovie

Les 60 000 juifs qui subsistent dans le ghetto de Varsovie (Pologne) se soulèvent contre les SS nazis qui ont reçu de Hitler l'ordre de les exterminer. Leur combat désespéré durera jusqu'au 16 mai. 7 000 mourront les armes à la main, les autres seront dirigés vers les camps d'extermination.

 13 mai : Les Alliés chassent l'Afrikakorps

La défaite soudaine et complète de l'Afrikakorps achève la libération de l'Afrique du Nord. Entre 1941 et 1943, l'Afrikakorps, corps expéditionnaire allemand placé sous le commandement du maréchal Rommel, a affronté les forces alliés en Libye, en Égypte et en Tunisie. Après cette victoire, les Alliés commencent à envisager un débarquement en Italie.

 27 mai : Première réunion du CNR

Afin de renforcer la Résistance française, Jean Moulin a mis en place une entité politique qui représente chaque mouvement. Il s’agit du Conseil national de la Résistance, qu’il préside lui-même. Après maintes difficultés d’ordre conflictuel, la première réunion du CNR a lieu à Paris, rue du Four.

 3 juin : De Gaulle et Giraud créent le CFLN

Le Comité français de la libération nationale (CFLN) est créé à Alger. Il s'agit du gouvernement de la France libre, né de la fusion de celui d'Alger et de celui de Londres. Sa présidence est d'abord assurée par le général de Gaulle et le général Giraud. En octobre, De Gaulle parviendra à évincer Giraud qui sera nommé commandant en chef des forces françaises. En juin 1944, le CFLN prendra le nom de Gouvernement provisoire de la République française.

 21 juin : Arrestation de Jean Moulin

La Gestapo investit la villa du docteur Dugoujon, à Caluire-et-Cuire près de Lyon, où se tient une réunion secrète de la Résistance. Jean Moulin, alias Max, est arrêté. Il sera identifié par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, comme le président du Conseil national de résistance.

 4 juillet : Bataille de Koursk

La plus grande bataille de blindés de l’histoire s’achève sur la défaite des Allemands. Après deux ans de combats et la défaite de Stalingrad, Hitler veut porter un coup fatal à l’armée rouge. Il envoie ainsi des milliers de blindés et des centaines d’avions à l’assaut de la poche de Koursk le 4 juillet. Mais les Soviétiques se sont préparés : la Wehrmacht prend pied dans un terrain miné et subit le feu des canons anti-char avant que les Soviétiques ne lancent une contre-offensive avec des soldats en renforts. Après cette défaite, l’avancée de l’armée rouge jusqu’à Berlin sera continue.

 8 juillet : Mort de Jean Moulin

Arrêté le 21 juin par la Gestapo de Klaus Barbie à Caluire, près de Lyon, le président du Conseil national de la Résistance (CNR) meurt lors de son transfert en Allemagne. Selon la thèse officielle, il serait décédé à Metz après avoir été soumis à la torture et sans avoir dévoilé aucune information sur l'action du CNR. Ses cendres seront transférées au panthéon en 1964.

 10 juillet : La Sicile envahie par les Alliés

Alors que les Alliés achèvent victorieusement la campagne de Tunisie, les armées britanniques, canadiennes et américaines débarquent en Sicile. De là, elles espèrent pouvoir envahir l’Italie entière. À la mi-août et malgré les renforts allemands, l’île passera sous la domination des Alliés, tandis que Benito Mussolini sera arrêté le 25 juillet.

 24 juillet : Arrestation de Mussolini

Le Grand Conseil fasciste contraint Mussolini à démissionner et charge le maréchal Badoglio de constituer un nouveau gouvernement. La situation militaire des armées du "Duce" est catastrophique depuis le débarquement allié en Sicile : Rome est pilonnée régulièrement et la colère gronde dans tout le pays. Mussolini qui ne cesse de prôner un rapprochement plus étroit avec Hitler est arrêté le lendemain et transféré sur l'île de Ponza. L'Italie signera l'armistice avec les forces alliées le 3 septembre 1943.

 27 juillet : Création du Comité de libération nationale italien

Au lendemain de l’arrestation de Mussolini, une organisation est fondée pour réunir les différents partis antifascistes, à savoir les communistes, les démocrates-chrétiens, les socialistes, les libéraux, le parti d’action et le parti démocrate du travail. Le Comité prendra plus de poids lorsque les troupes allemandes fuiront Rome, le 5 juin 1944.

 3 septembre : L'Italie du côté des Alliés

Le gouvernement de Pietro Badoglio négocie l'armistice avec les Alliés et déclare la guerre à son ancien partenaire de l'Axe, l'Allemagne. Quelques mois auparavant, le débarquement anglo-américain en Sicile avait entraîné la chute du chef du régime fasciste italien, Benito Mussolini. La réaction allemande ne se fera pas attendre puisqu’elle déclenchera quelques heures plus tard l’invasion du pays et libèrera Mussolini le 12 septembre. Celui-ci se réfugiera dans le Nord, où il constituera la République de Salo. Quant au roi et à Badoglio, ils fuiront au Sud du pays, zone encore occupée par les Alliés.

 9 septembre : La Corse se soulève contre l'occupant

La capitulation italienne provoque le soulèvement général des résistants corses. Les insurgés, épaulés progressivement par des troupes venues d'Afrique du Nord, mèneront des combats contre les troupes allemandes jusqu'au 4 octobre. La Corse sera alors le premier département français libéré.

 12 septembre : Un commando SS libère Mussolini

Hitler envoie les hommes du capitaine Otto Skorzeny libé

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