L'entre-deux-guerre (1919-1938)

L'entre-deux-guerre (1919-1939

(par le Professeur Darius ENGUENGH)

 

Leçon 1 : Le déclin de l’Europe et la montée en puissance des pays neufs

 

Après la Première Guerre mondiale, l’Europe afflaiblie assiste impuissante à la montée des pays neufs. Ceux – ci connaissent entre 1920 et 1929 une impressionnante prospérité qui a donné son nom à cette période.

 

I. Le déclin de l’Europe

D’une manière générale, l’Europe sort affaiblie de la Première Guerre mondiale. Les pertes humaines sont considérables et touchent surtoy les tranches jeunes de la population (population active).

La guerre a également des conséquences importantes sur le plan économique et financier. Dans ce dernier domaine avait prévalu un système monétaire appelé ‘’ Régime de l’étalon or ’’ à la suite des pertubations monétaires que connaît l’Europe durant la Grande Guerre.

Au printemps 1922, la conférence internationale de Gênes rétablit la convertibilité des monnaies qui avait été abandonnée pendant le conflit mondial. La nouvelle convertibilté prend le dollar comme monnaie de référence.C’est donc un vieux continent impuissant qui doit subir la montée des Pays Neufs.

 

II. La montée des Pays Neufs

Dès le début de la guerre, les Pays Neufs (Etats – Unis, Japon, Argentine, Brésil) font développer leurs productions agricoles, industrielles pour répondre à la demande toujours plus grande des Alliés. Ces pays constituent désormais dans les domaines comme l’élevage, le textile et la métallurgie des concurrents pour l’Europe ; ce qui rend plus difficile les exportations de l’Europe.

• L’Amérique de la prospérité

Entre 1922 et 1929, les Etats – Unis connaissent une croissance économique rapide qui vaudra à cette période de l’histoire le surnom de « Prosperity ». La production industrielle augmente de 64 % grâce à la standardisation de la production, à l’organisation scientifique du travail et à la concentration des entreprises. L’United States Steel Corporation domine la production de l’acier, Dupont de Nemours l’industrie chimique, la General Motors et Ford dominent l’industrie automobile.

Cette prospérité ne touche pas toutes les catégories sociales : le nombre de chômeurs n’est jamais inférieur à un million et demi entre 1924 et 1929.

La prospérité économique et l’enrichissement de la société vont entrainer deux réactions:

- La libération des mœurs ;

- La réaction puritaine.

L’aspect le plus spectaculaire de la réaction puritaine (grande sévérité sur les principes moraux) est la prohibation de la fabrication d’alcool et de sa vente. Mais les résultats sonr décevants. La consommation globale de l’alcool ne baisse pas à cause de la production clandestine. Le 21° amendement met fin à la prohibation.

Au total, l’entre – deux – guerres a vu la puissance de l’Europe déclinée au profit des Pays Neufs et surtout des Etats – Unis. Ces derniers vont développer le capitalisme libéral.

 

Leçon 2 : L’Essor du capitalisme libéral

 

Le capitalisme est unsystème économique et social fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange. Il se cractérise également par la recherche du profit et la concurrence entre les entreprises. Le capitalisme libéral est donc un système économique dans lequel le marché est l’élément moteur.

 

I. La prospérité des années 1920

Les principales caractéristiques de la croissance sont : l’essor des bourses et des banques, la concentration des entreprises. La principale limite de la prospérité des années 1920 fut la surproduction qui provoque la chute des coûts sur le marché mondial.

 

II. La crise économique de 1929

• Les origines. A partir de 1896 le monde industriel renoue avec l’expansion (en partie) grâce à la découverte de nouvelles mines d’or. Cette expansion, très nette aux Etats – Unis, se poursuit après la Grande Guerre. Dans les années 1920, la production industrielle progresse de plus de 50 % en Europe et aux Etats – Unis ; et se traduit par une prospérité exceptionnelle marquée par :

- La surproduction (production exagérée des entreprises américaines qui sont obligées de baisser les prix) ;

- La spéculation boursière (les Américains achètent les actions pour les revendre à haut prix) ;

- Le crédit (les actions américaines sont achetées à crédit).

• Le déroulement de la crise. Le jeudi 24 octobre 1929 (« jeudi noir ») tout s’enclenche. et en quelques mois les Etats – Unis sont bouleversés : faillite commerciale, industrielle, crise agricole. Car la mévente des produits entraîne aussitôt une réduction des activités et de la production. Cette réduction occasionne à son tour la réduction de l’emploi et la mise au chômage des millions de travailleurs.

En raison du poids économique mondial des Etats – Unis, la crise se propage rapidement. Elle s’étend à l’Europe, aux colonies et à toute l’Amérique. Seule la Russie, isolée dans son système socialiste et l’Italie fasciste y échappent.

• Les conséquences. Les échanges internationaux sont réduits au plus bas. Le commerce mondial est paralysé car les Etas protègent lles économies nationales par des barrières douanières élevées. Le mécontement et l’agitation sociale qui en découlent favorisent le développement des partis politiques extrémistes : Les partis communistes, à l’extrême droite, les partis d’un type nouveau : les partis fascistes nationalistes, hostiles à la démocratie.

 

Conclusion :

Au total, la crise boursière qui a éclaté en octobre 1929 dans le pays le plus riche du monde, les Etats – Unis, s’étend aussitôt à tous les secteurs de l’activité économique américaine, puis à l’ensemble des pays capitalistes, frappant des dizaines de millions d’êtres humains.

 

Leçon 3 : Les difficultés des démocraties occidentales

 

Après la Première Guerre mondiale, les démocraties européennes connaissent de nombreuses difficultés. Les crises économiques entrainent des crises politiques et sociales. Des expériences économiques et politiques sont tentées.

 

I. Les tentations socialistes : l’URSS de Lenineet de Staline

A la suite de la révolution d’octobre, Vladir Ilitch Oulianov alias Lénine est porté à la tête de la Russie qui signe le traité de Brest – Litovsk. Presque immédiatement la jeune République est attaquée par les armées blanches que soutiennent les puissances étrangères. Après trois ans de guerre intra – etatique meurtrière, les bolcheviks remporteront la victoire, mais à quel prix ! La guerre et la famine font trize millions de victimes. L’économie s’effondre.Toute démocratie disparaît dans la lutte avec la contre – révolution, et le Parti communiste qui ne laisse aux soviets qu’une autorité nominale, exerce un pouvoir dictatorial.

La guerre terminée, le pays est atteint par une vague de grèves et de désordres qui culmine avec la mutinerie de kronstadt en février 1921. Toutefois, le régime de Lénine arrive tout de même à se maintenir au pouvoir. Dès 1922, il rétablit des liens avec le monde extérieur. Cette stabilité nouvelle demeure cependant précaire. La Russie restait isolée et entourée de puissances capitalistes hostiles.

La mort de Lénine en janvier 1924, pose un grave problème de succession. Entre ses deux principaux collaborateurs, Staline (partisan du socialisme dans un seul pays) et Trotski (partisan déune révolution permanente) l’opposition est totale. Staline plus rusé, l’emporte finalement sur son rival.

 

II. Les tentations fascistes

Le premier régime fasciste apparaît en Italie. Benito Mussolino dit Duce, arrivé au pouvoir en octobre 1922, instaure progressivement une dictature d’un type nouveau. Toutes les libertés et toutes les Institutions sont supprimées tandis que le gouvernement fasciste prétend transformer en profondeur la vie des italiens pour forger un homme nouveau.

Le mouvement fasciste naît dans un contexte de crise. Bien que faisant partie des vainqueurs, l’Italie sort affaiblie de la guerre de 1914/1918. La démobilisation et la fin des commandes de guerre provoquent une brusque hausse du chômage.

En somme, les effets de la Première Guerre mondiale occasionnent des reéactions socio – politiques et économiques en Russie et en Italie. Les vielles démocraties européennes glissent progressivement vers un régime totalitaire (régime non démocratique où l’Etat ou celui qui l’incarne est tout, réglant ce qu’il faut dire, croire, faire).

 

III. La montée des totalitarismes et la crise des années 1930

• L’établissement de la dictature hitlérienne. La crise économique de 1929 est principalement à l’origine de l’arrivée au pouvoir en Allemagne d’Hitler et du nazisme en 1933. En effet, l’économie allemande qui reposait en grande partie sur le crédit extérieur est touchée dès 1930 par le rapatriement des capitaux américains et anglais, puis par l’effondrement du commerce extérieur. L’année 1931 est marquée par de nombreuses faillites bancaires et industrielles et un développement du chômage (plus de 6 millions de chômeurs). Cette crise provoque une hostilité grandissante à l'égard du capitalisme dont profite les partis extrémistes. A l’extrême droite se développe le parti national – socialiste d’Hitler. La doctrine nazie repose, comme le fascisme, pris d’abord comme modèle, sur quelques grands thèmes, empruntés pour la plupart aux pangermanistes et à des penseurs étrangers. Le racisme apparaît comme le fondement de la doctrine nazie. S’appuyant sur une conception pseudo – scientifique de l’inégalité des races, Hitler affirme la supériorité de la race indo – européenne (ou aryenne) dont les Germains sont considérés comme les plus purs représentants. Il importe donc de la préserver des ‘’races inférieures’’ et en particulier des juifs. L’antisémitisme voit le jour en Allemagne.

Le 30 janvier 1933, Hitler devient chancelier du Reich ; le 2 août 1934, il cumule les fonctions de chancelier et de président du Reich. La dictature est désormais totale.

La doctrine nazie est exprimée principalement dans ‘’ Mein Kampf ’’ (Mon combat). Ce régime d’un type particulier était caractérisé par :

- Un chef tout – puissant, guide suprême de la nation, véritable « dieu » pour ses partisans ;

- Un parti unique et une police qui lui sont entièrement dévoués ;

- Un fanatisme appuyé par une propagande officielle intense ;

- Un nationalisme agressif et un anticommunisme violent ;

- Un contrôle étroit de la vie économique par l’Etat afin de développer la puissance militaire du pays ;

- Un mépris des libertés individuelles et des droits de l’homme.

• La faillite de la sécurité collective, 1930 - 1937. C’est l’agression nippone en Mandchourie (Chine) qui donne le signal du retour à la violence. La SDN condamnant le Japon à la demande de la Chine, le Japon se retire de cette organisation en 1933. Ainsi, il peut continuer son expansion dans une Chine riche en matières premières.

Encouragé par cette attitude, Hitler décide dès 1933 de se retirer de la SDN. Passant outre aux clauses du traité de Versailles, il reconstitue clandestinement son armée, échoue dans une première tentative d’annexion de l’Autriche au Reich (Anschluss : rattachement de l’Autriche à l’Allemagne) devant l’opposition de l’Italie, mais récupère la Sarre en janvier 1935 après un plébiscite où la propagande nazie fit merveille parmi une population au demeurant allemande. Deux mois plus tard, il rétablit le service militaire obligatoire en Allemagne. Encouiragé par la passivité des puissances occidentales, Hitler ne tarde pas à franchir de nouvelles étapes.

La guerre d’Ethiopie. Mussolini, qui pratique une politique nataliste ainsi que par prestige, réclame de nouvelles terres ; il songe à établir une colonie de peuplement en Ethiopie, seul pays indigène indépendant d’Afrique. Un incident de frontière entre l’Ethiopie et la Somalie italienne sert de prétexte à l’invasion du pays (octobre 1935). L’Empereur d’Ethiopie, le Négus Haîlé Selassie, fait aussitôt appel à la SDN dont son pays est membre. Mais les sanctions économiques décidées contre l’Italie, reconnue comme agresseur, ne sont pas appliquées. Le Duce triomphe rapidement. La prise d’Addis – Abeba en mai 1936 met fin à la conquête. En voulant ménager Mussolini (dont on espère l’appui contre les les ambitions d’Hitler ?), la Grande – Bretagne et la France ont accentué le discrédit de la SDN.

Négligeant à la fois le traité de Versailles , Hitler fait réoccuper militairtement la rive gauche du Rhin (frontière franco – allemande) en mars 1936. La France se contente de protestations verbales. Les défis italiens et allemands à la SDN rapprochent les deux dictatures. En octobre 1936, Le Duce et le Fûrher signent un protocole affirmant une « volonté de collaboration et de paix entre l’Italie et l’Allemagne » (Axe Rome – Berlin). Un mois plus tard, l’Allemagne conclut avec le Japon le pacte ‘’anti – komintern’’ (contre l’URSS). L’équilibre continentale est désormais rompu en faveur de l’Allemagne.

• La marche à la guerre. En 1938, Hitler s’estime suffisamment prêt pour se lancer dans une politique d’expansion territoriale en Europe, au nom de la ‘’défense des minorités allemandes opprimées’’ et de la nécessaire conquête de l’espace vital. En 1938, Hitler va plus loin dans son projet de conquête du ‘’Grand Reich’’. Il réalise l’Anschluss (rattachement de l’Autriche à l’Allemagne en tant que que pays germanophone). Puis, il revendique le territoire des Sudètes, une région de la République tchèque, peuplée de trois millions d’Allemands. A l’initiative de Mussolini, une conférence se tient à Munich en septembre 1938. Le Premier ministre anglais, Chamberlain, et le Président du conseil français, Daladier, pensant préserver la paix, cèdent aux exigences du Fûhrer. La Tchécoslovaquie dépecée est rayée de la carte en mars 1939. En annexant des territoires non allemands, Hitler passe des revendications ‘’nationales’’ à la conquête de l’espace vital. Quelques jours plus tard, la Lithuanie doit, sous la menace, céder Memel au Reich tandis que l’Italie s’empare de l’Albanie

Dès mars 1939, Hitler annonce son intention d’envahir la Pologne. Renforçant son alliance avec la France, la Grande – Bretagne décide de garantir les frontières de la Pologne encas d’agression. l’Allemagne replique en signant le ‘’Pacte d’Acier’’ avec l’Italie (mai 1939). Une véritable « course aux alliances » oppose désormais Hitler au bloc franco – britannique. L’enjeu principal en est l’URSS dont la prise de position apparaît déterminante dans le rapport des forces. De part et d’autre, des négociations sont entreprises avec Moscou.

Le 23 août, le monde apprend avec stupéfaction que l’Allemagne vient de conclure un pacte de non – agression, avec l’URSS. Assuré de la non – agression de l’URSS, après la signature du pacte germano – soviétique (Staline, depuis Munich, soupçonne les franco – Britanniques de vouloir détourner les ambitions d’Hitler vers l’URSS ; il préfère composer avec l’Allemagne, ce qui, en outre, pourrait lui permettre de récupérer les territoires perdus depuis 1917, dont une partie de la Pologne) en août 1939, Hitler exige le rattachement de Dantzig et pénètre en Pologne le 1° septembre. Dès lors les choses se précipitent. Par le jeu complexe des alliances et des ambitions, ce conflit européen va rapidement s’élargir aux dimensions du monde : la Seconde Guerre mondiale est déclenchée.

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