Conflit israélo-palestinien, des origines au début des années 2000

LE CONFLIT ISRAELO – ARABE

(par le Professeur Darius ENGUENGH)

 

INTRODUCTION

Le peuple juif, chassé de Palestine par les Romains, décide d’y revenir à la fin du 19ème siècle pour échapper à l’antisémitisme. Le génocide perpétré par les nazis fait prendre conscience au monde de la nécessité d’un Etat juif.

En 1945, partagées entre des revendications nationalistes arabes et juives, les Nations unies, saisies par le R-U, adoptent un plan de partage de la Palestine qui encourage de fait la création d’un Etat indépendant juif que l’ensemble arabo-musulman considère comme ennemi. Le Proche-Orient devient dès lors un des principaux lieux de conflits "périphériques" aux conséquences internationales.

I. La naissance d’une poudrière

Les causes du conflit israélo-arabe sont de divers ordres : querelle liée à la propriété foncière ; promesse contradictoire des Britanniques ; sionisme ; rejet par les Arabes du plan de partage de l’ONU et proclamation unilatérale de la création de l’Etat d’Israël par les Juifs.

I.1. A l’origine, une terre pour deux héritiers ?

A la lecture de la Bible (cf. Genèse), il ressort qu’Arabes, descendants d’Ismaël, et Juifs, descendants d’Isaac, sont issus d’un même patriarche appelé par les premiers Ibrahim et par les seconds Abraham. Ces derniers de par leur affiliation à ce patriarche avaient, chacun pour sa part, reçu la terre en héritage. Les difficultés à localiser avec exactitude la part de territoire échue à chacun et les interprétations des uns et des autres constituent la cause essentiellement religieuse du conflit israélo-arabe.

I.2. Les promesses contradictoires des Britanniques aux deux peuples

Pendant la Première Guerre mondiale, Le Royaume – Uni engage la lutte contre l’Empire ottoman, allié de l’Allemagne. Attisant la révolte des Arabes contre les Turcs, les Britanniques promettent (le 24 octobre 1915), aux premiers l’indépendance et la constitution d’un grand royaume au sortir de la guerre. Or, les accords secrets franco – britanniques de mai 1916 ne prévoient que le partage de l’Empire ottoman en zones d’influence. Et, le 2 novembre 1917, la déclaration Balfour soutient la revendication sioniste en Palestine (Sionisme : Mouvement fondé à Vienne à la fin du 19ème siècle par Théodor Herzl pour la création d’un Etat juif en Palestine).

I.3. L’entre – deux guerres : l’exaspération des conflits

Dans l’entre-deux guerres, alors que la Palestine est sous mandat britannique, l’immigration juive s’y développe. Cette immigration, quoique limitée, se heurte pourtant aux protestations des populations arabes de Palestine. Devant la mobilisation arabe, les Britanniques reviennent sur leurs engagements et s’efforcent de limiter l’arrivée des Juifs en Israël. En 1936, au lendemain d’une révolte arabe contre l’émigration juive, le R–U propose un plan de partage de la Palestine qui est refusé par les Arabes.

I.4. Le plan de partage de l’ONU et la création de l’Etat d’Israël

La fin de la Seconde Guerre mondiale modifie profondément la situation politique au Moyen–Orient. L’affaiblissement de la France et du R–U favorise les revendications d’indépendance, tandis que l’extermination de six millions de Juifs rend l’opinion internationale sensible à la revendication sioniste : créer un Etat juif.

La guerre terminée, une lutte ouverte oppose le R–U aux Juifs de Palestine qui n’hésitent pas à recourir aux actes terroristes (cf. Irgoun fondé en 1937). Car les Britanniques veulent toujours bloquer l’immigration juive vers la Palestine (cf. Exodus, bateau pour la Palestine chargé de rescapés des camps

nazi, refoulé par la marine britannique en 1947. Il accostera finalement dans le port israélien de Haïfa, le 18 juillet 1947). En février 1947, après avoir échoué sur le terrain de la négociation comme celui de la force, le R-U soumet le problème à l’ONU.

Un plan de partage de la Palestine en trois zones (un Etat juif, un Etat arabe palestinien, une zone internationale sous contrôle de l’Onu à Jérusalem) est adopté par l’ONU. Arabes et Anglais désapprouvent ce plan. Le 14 mai 1948, la veille du départ des soldats britanniques, David Ben Gourion proclame la naissance de l’Etat d’Israël. Le conflit israélo-arabe commence.

II. Les débuts d’un conflit régional durable

La proclamation unilatérale de l’indépendance de l’Etat d’Israël, immédiatement reconnu par l’URSS et les Etats-Unis, entraîna l’embrasement du Proche-Orient.

II.1. Les guerres israélo-arabes

Entre 1948 et 1973, Israël connaît cinq guerres et mène une multitude d’opérations militaires dans la région: En 1948, après la proclamation de l'Etat d'Israël ; en 1956, lors de la crise de Suez; En 1967, à la suite de la "guerre des 6 jours" ; en 1973, pendant le Yom Kippour.

• La première guerre (1948 – 1949)

L’issue de la première guerre israélo-arabe crée la question palestinienne. Elle provoque des transferts massifs de population : près de 800 000 Palestiniens se réfugient dans les pays voisins. A la suite de l’adoption de la « loi du retour » qui autorise tout Juif qui en fait la demande à rejoindre Israël, la population de l’Etat juif croît rapidement par l’afflux de vagues successives de migrants.

• La deuxième guerre (1956)

La crise de Suez a eu des retombées étendues :

- Nasser sort politiquement victorieux aux yeux des masses arabes qui en font leur idole;

- Le Tiers Monde a soutenu l’Egypte et se retrouve ainsi aux côtés des Soviétiques;

- L’antiaméricanisme est renforcé en Grande-Bretagne et surtout en France dont l’armée se sent humiliée une nouvelle fois, après l’Indochine, et qui pense que les Etats-Unis ne cherchent qu’à l’éliminer de la scène mondiale. Au début des années 1960, des Arabes exaspérés de l’existence d’Israël commencèrent à se réarmer massivement.

• La troisième guerre (1967)

Défaite militaire cuisante pour les Etats arabes, la guerre de "Six Jours" est aussi une grave défaite politique pour Nasser et marque le début des divisions dans le camp arabe. L’influence de l’Egypte, soutenu par l’URSS, décline au profit de celle de l’Arabie saoudite appuyée par les Etats-Unis. La nouvelle victoire militaire d’Israël crée les « territoires occupés » peuplés de Palestiniens (bande de Gaza, Cisjordanie et Jérusalem). Elle donne ainsi une dimension supplémentaire au problème d’autant plus qu’elle a aussi pour effet de créer une deuxième vague de réfugiés.

L’ONU ne put empêcher cette guerre. Mais, le 22 novembre 1967, son Conseil de sécurité adopta la résolution 242 qui demande à Israël le retrait de ses troupes des territoires occupés en 1967 en échange de la reconnaissance officielle de l’Etat d’Israël par les Etats arabes. Cette résolution n’eut pas d’effet immédiat.

• La quatrième guerre (1973)

La guerre du Kippour marque surtout l’internationalisation du conflit. En effet un bras de fer oppose les deux Grands, qui aident leurs alliés respectifs par des ponts aériens, soviétique vers les pays arabes, étasuniens vers Israël.

 Par ailleurs, afin qu’intervienne une solution négociée, les Etats arabes producteurs de pétrole utilisent le pétrole comme moyen de pression internationale (1er choc pétrolier: décident le prix du baril du pétrole est quadruplé). Au lendemain de la guerre du Kippour, Sadate fait désormais passer les intérêts de l’Egypte avant le nationalisme arabe, ce qui annonce son retrait progressif du conflit.

II.2. La déstabilisation des Etats voisins

• La menace palestinienne en Jordanie. Réfugiés par milliers en Jordanie, les Palestiniens se conduisent au royaume du Roi Hussein comme en pays conquis. En effet, le 7 septembre 1970, le Front populaire de libération de la Palestine détourne et fait exploser trois avions sur l’aéroport jordanien de Zarka. C’est la provocation qu’attend le roi Hussein pour écraser les bases palestiniennes du 16 au 27 septembre 1970. Cette opération aurait fait près de 3500 victimes. L’OLP et les troupes palestiniennes se replient alors sur le Liban.

• Le Liban, caisse de résonance du conflit. En mars 1978, à la suite d’un attentat palestinien, l’armée israélienne est massivement intervenue pour la première fois, occupant la totalité du territoire au sud du fleuve Litani. Se retirant trois mois plus tard, les Israéliens ont toutefois créé, à l’intérieur du Liban, le long de la frontière avec l’Etat juif, une ceinture dite « de sécurité » confiée à des militaires et miliciens libanais proches d’Israël. En 1982, après des tirs de roquettes contre la Galilée et un attentat contre l’ambassadeur d’Israël à Londres, l’armée israélienne a envahi le territoire libanais jusqu’à Beyrouth, opération « paix en Galilée ».

A l’issue de cette opération militaire israélienne, la direction de l’OLP est affaiblie. Arafat se réfugie en Tunisie. Il faut attendre 1987 et le déclenchement de l’Intifada, expression de la détresse d’une génération ayant vécu sous occupation israélienne, pour que l’OLP revienne sur le devant de la scène diplomatique.

III. Le renforcement du fait palestinien et les nouvelles formes prises par le conflit

La guerre du Kippour et l’opération « paix en Galilée » démontrèrent au monde entier que si l’on ne trouvait pas de solution à la crise israélo-arabe, le conflit risquait fort de s’étendre davantage.

III.1. Le durcissement des actions palestiniennes

En 1969, le Fatah prend le contrôle de l’OLP et impose une ligne radicale présentée comme la seule voie possible de libération de la Palestine.

• Le recours au terrorisme : Selon les Feddayin palestiniens, il faut frapper les Israéliens et leurs soutiens occidentaux partout dans le monde. Ainsi, au début des années 1970, de leurs bases au Liban et en Jordanie, ils effectuent des raids meurtriers en Israël, commettent des actes terroristes à travers le monde (le 5 septembre 1972, des athlètes israéliens sont massacrés les membres de l’organisation "Septembre noir" lors des Jeux Olympiques de Munich ; le 7 octobre 1985, détournement du paquebot italien Achille lauro). Cette stratégie choque l’opinion internationale et suscite des réactions hostiles parmi les Arabes eux-mêmes.

• La 1ère Intifada : A partir de décembre 1987, les Palestiniens vivant dans les territoires occupés de Cisjordanie et de Gaza lancent la 1ère Intifada (guerre des pierres). Par son caractère massif et non armé, l’Intifada, de la fin 1987 à 1991, contribua largement à créer les conditions des accords d’Oslo de 1993.

III.2. La reconnaissance internationale de l’OLP

Utilisant admirablement les médias pour saisir l'opinion mondiale, le chef de l'OLP réussit à présenter le peuple palestinien comme la nouvelle victime de l'Histoire. Ainsi, le 22 novembre 1974, après avoir entendu Arafat, l’Assemblée générale de l’ONU reconnaît le droit des Palestiniens à l’indépendance et accorde à l’OLP le statut d’observateur permanent. Au cours de la même année, elle est officiellement reçue par la CEE à Strasbourg. De nombreux pays apprécient la relative modération perceptible dans le discours de l’OLP et nouent avec elle des liens officiels.

IV. La difficile mise en œuvre du processus de paix au Proche-Orient

Depuis le début des années 1970, les Etats-Unis et plusieurs autres pays se sont employés à encourager des négociations entre le monde arabe et l’Etat hébreu.

IV.1. La normalisation des relations israélo–égyptiennes

Devant l’urgence des problèmes économiques et sociaux de l’Egypte, Sadate décide de mettre fin aux trente ans de conflits ruineux avec Israël. Il se rend dans ce but en Israël en 1977. En septembre 1978, il signe aux Etats-Unis, avec Menahem Begin, les accords de "Camp David". L’Egypte reconnaît Israël qui, en retour, évacue le Sinaï. Cet accord vaut à l’Egypte d’être exclue de la Ligue arabe. Le 6 octobre 1981, des islamistes fanatiques assassinent Sadate.

IV.2. Le lancement du processus de paix

• Le contexte international : A la suite de l’opération « Tempête du désert », le président étasunien, Georges Bush, déclare, au début du mois de mars 1991, que « le temps est venu de mettre fin au conflit israélo-arabe ». Avant même la fin de l’année, le 30 octobre, le processus de paix était lancé à Madrid.

• La conférence de Madrid : Sous les auspices des Etats-Unis, de La CEE et de la Russie débutent à Madrid les premières négociations officielles entre Israël et ses voisins arabes – y compris les Palestiniens, dans le cadre d’une délégation commune avec les Jordaniens. Mais les négociations piétinent. Jusqu’au deuxième trimestre de l’année 1993, Israël refuse en effet de négocier officiellement avec l’OLP, qu’il considère comme une simple organisation terroriste. Mais, entre temps, des négociations secrètes sont engagées entre Palestiniens et Israéliens à Oslo.

• La reconnaissance mutuelle : Les 9 et 10 septembre 1993, les Israéliens et Palestiniens se reconnaissent mutuellement. Il n’y a plus de véritables obstacles pour entamer des négociations israélo-palestiniennes officielles et directes.

• Les « accords d’Oslo I » : Le 13 septembre 1993, Ithzak et Yasser Arafat signent à Washington une déclaration de principes sur l’autonomie palestinienne secrètement élaborée durant l’été à Oslo (Norvège). Cette déclaration signifie que les Palestiniens exercent une souveraineté totale à Gaza et à Jéricho. Le sort des colonies de peuplement et de Jérusalem sont les deux principales questions dont l’examen a été renvoyé à la deuxième étape des pourparlers, celles qui portera sur le statut définitif des territoires occupés. Bien des problèmes restent encore à résoudre, mais c’est la première fois que l’on approche vraiment de la résolution de la « question palestinienne », au grand dam des extrémistes des deux camps (l’extrême–droite du côté israélien et le Hamas ainsi que le Djihad islamique chez les Palestiniens).

• Les « accords d’Oslo II » : Le 28 septembre 1995, Arafat et Rabin signent les accords d’Oslo II sur l’extension de l’autonomie à la Cisjordanie et l’évacuation de facto, par les troupes d’occupation, des grandes villes palestiniennes (Ramallah, Bethléem, Naplouse, Tulkarem, Jénine, Tubas…)

IV.3. Un processus qui marque le pas

La poursuite de la colonisation a détérioré une situation que la venue au pouvoir de Benyamin Netanyahou, en mai 1996, a rendue plus difficile encore pour les Palestiniens. Les évacuations progressives, les libérations de prisonniers politiques, pourtant prévues, n’ont jamais été appliquées. En effet, les Israéliens ont toujours du mal à évacuer les territoires conquis et la Cisjordanie est toujours divisée et soumise à trois statuts différents (zone sous contrôle palestinien ; zone sous contrôle palestinien, mais où la sécurité reste aux mains israéliennes ; et zone sous contrôle israélien). L’assassinat d’Ithzhak Rabin, le 4 novembre 1995, a été un vrai coup d’arrêt du processus de paix.

Après être passé si près de la paix, pourquoi se retrouve-t-on dans une atmosphère de guerre ?

• Les responsabilités étasuniennes. Les Etats-Unis portent une grande responsabilité dans la situation : au lieu de jouer le rôle de médiateur, ils ont fait preuve d’une outrageante partialité en faveur d’Israël. Ils n’ont jamais su se montrer fermes face à l’intransigeance des autorités israéliennes.

• Les réticences israéliennes. La réticence des Israéliens s’explique par le fait que les Palestiniens ne leur offriraient toujours les garanties sécuritaires, toujours plus grandes, qu’ils exigent. Selon Tel-Aviv, les mouvements intégristes qui commanditent les attentats en Israël ne sont pas suffisamment combattus par Arafat. Par ailleurs, le retour des 4 millions de réfugiés palestiniens pourraient à terme déstabiliser l’équilibre démographique de la région.

• Les réticences palestiniennes. Les Palestiniens dénoncent la politique israélienne de bouclage, de mise en place d’un système d’apartheid et la poursuite de la colonisation. A Gaza, par exemple, quelques 5000 colons occupent 40 % du territoire – les meilleures terres alors que 1 million de Palestiniens s’entassent dans des conditions hallucinantes. Dans les camps palestiniens, on assiste à la montée en puissance des mouvements extrémistes (Hamas et le Djihad islamique) qui militent pour le recours à la violence.

• La seconde Intifada : Le 28 septembre 2000, Ariel Sharon, accusé de multiples tueries de Palestiniens se fait photographier sur le site de la mosquée al-Aqsa, le troisième lieu saint de l’Islam, après La Mecque et Médine. Cette visite jugée de provocatrice par les Palestiniens a relancé la nouvelle Intifad. A cette nouvelle "guerre des pierres", le gouvernement israélien a répondu en réoccupant l’ensemble des territoires autonomes et en liquidant presque tous les acquis des négociations de paix.

Les événements qui ont secoué le Proche-Orient dès l’arrivée au pouvoir de Ariel Sharon ont, à juste titre, traumatisé Israéliens et Palestiniens, et, au-delà, la communauté internationale. L’accord dit d’Oslo, signé à Washington le 13 septembre, malgré les mérites initiaux, a abouti à une impasse.

• La mort d’Arafat et la victoire du Hamas : La mort de Yasser Arafat, mais surtout les nombreux bombardements et autres "assassinats ciblés" ont servi la cause du Hamas (qui prône le recours systématique à la violence contre les Israéliens). L’arrivée au pouvoir de ce mouvement qui refuse de reconnaître l’Etat d’Israël risque de « congeler » davantage les espoirs de paix dans cette région, et ce en dépit de la victoire du parti Kadima (qui prône la reprise du processus de négociation dans l’esprit des accords d’Oslo) en Israël.

CONCLUSION

En somme, nous pouvons retenir que la guerre israélo-arabe a cédé la place à la guerre israélo-palestienne. Avec leurs armes, les Palestiniens continuent d’exiger des Israéliens l’application des résolution 242 et 338 des Nations unies.

Loin des conflits armées des premières années, la question israélo-palestinienne a beaucoup évolué même si de nombreux dossiers complexes restent en suspens (statut final et frontières, colonies, Jérusalem et statut des Lieux saints, droit au retour des 3,6 millions de réfugiés palestiniens, eau). L’arrivée au pouvoir en Israël de la droite en 2000 a toutefois ravivé la tension dans la région, portant ainsi un coup de grâce au « processus d’Oslo ».

Dans ce contexte, une nouvelle logique de guerre est-elle possible ? Assiste-t-on à un effondrement de ce que l'on a appelé « le processus de paix » ? Un conflit religieux va-t-il remplacer l'affrontement politique entre Arabes et Israéliens ?

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