De la Guerre fraiche à la fin de la Guerre froide

 De la "Guerre fraîche" à la fin de l’affrontement Est-Ouest (1975 - 1991)

 

Introduction

En 1975, la conférence d’Helsinki semble confirmer la détente. Pourtant la décennie suivante est marquée par un renouveau des tensions, qui amène Léonid Brejnev à parler de "Guerre fraîche" : la course aux armements reprend et les deux Grands ne parviennent plus à gérer tous les conflits de la planète. Mais avec l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev en URSS, on assiste de nouveau à une décrispation des relations Est-Ouest, et, surtout, à la reprise du dialogue entre les deux Grands désormais résolus à procéder au désarmement.

Quelles sont les causes de la "Guerre fraîche" et de la fin de l’affrontement Est-Ouest ? Comment la politique des deux Grands évolue-t-elle ?

 

I. La "Guerre fraîche" (1975-1985)

Après 1975, les rapports entre les deux blocs ne cessent de se détériorer. Ainsi, la décennie 1975-1985 est marquée par une succession de crises, provoquant la reprise de la course aux armements.

I.1. Les causes de la "Guerre fraîche"

Les débuts de la "Guerre fraîche" s'explique par la politique agressive que mène l'URSS en Asie (toute l’Indochine passe sous l’influence de Moscou) et en Afrique, considérée jusque-là comme une chasse gardée occidentale; elle profite des troubles liés aux dernières décolonisations, en particulier dans les anciens territoires portugais (Guinée-Bissau, Mozambique, Angola où elle achemine des milliers de soldats cubains équipés de matériel soviétique, pour assurer la victoire des guérillas marxistes contre d’autres mouvements de résistance soutenus par l’Afrique du Sud pro-occidentale) et en Ethiopie où un régime pro-soviétique remplace le Négus. Cette politique choque les Etats-Unis tant elle bouleverse l’équilibre international. Par ailleurs, la "Guerre fraîche" est sous-tendue par le déclenchement de la "bataille des euromissiles" et l'invasion de l'Afghanistan par l'armée soviétique.

I.2. Les manifestations de la "Guerre fraîche"

En déployant en Europe de l'Est des missiles "SS 20" à partir de 1976, l'URSS rompt l'équilibre des forces en Europe; le 12 décembre 1979, les pays de l'OTAN décident de développer des programmes de missiles équivalents, les "Pershing", installés en 1983. Et en réponse à l'intervention soviétique en Afghanistan, le 24 décembre 1979, les Etats-Unis adoptent une série de mesures de rétorsion: augmentation du budget militaire (2200 milliards de dollars pour la modernisation et l'accroissement de l'armement conventionnel et stratégique). En outre, les Américains actionnent les embargos céréaliers, l'interruption de la coopération technique ; et enfin le boycottage des jeux olympiques de Moscou en 1980.

La tension s'accroît après l'élection de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis en novembre 1980. Celui-ci défend une politique interventionniste, concrétisée en octobre 1983 par le débarquement de forces américaines dans l'île de la Grenade pour contrer un coup d'Etat pro-cubain, ainsi que le soutien militaire aux mouvements de guérilla anticommunistes en Afghanistan, au Nicaragua et en Angola. En mars 1983, Reagan lance l'Initiative de défense stratégique (IDS) visant à édifier un bouclier spatial contre les armes nucléaires.

L’URSS ayant à nouveau en face d’elle un partenaire puissant, un nouvel équilibre est créé : il peut permettre une amélioration des relations entre les deux Grands.

 

II. La fin de l’affrontement "Est-Ouest" (1985-1991)

La réélection de Reagan à la Maison blanche et l'arrivée au pouvoir de Gorbatchev en URSS favorisent la reprise du dialogue soviéto-américain et du processus de désarmement.

 II.1. La "perestroïka"en URSS

Devenu Secrétaire général du parti communiste soviétique, le 11 mars 1985, Gorbatchev opte pour la "Perestroïka" de l'économie soviétique. C'est une priorité qui doit libérer le pays de lourdes dépenses militaires qui jusque-là ont éclipsé les autres secteurs de l'économie. C'est l'unique solution pour éviter que le pays ne deviennent une puissance de second rang.

A la différence des tentatives réformistes de Khrouchtchev, le projet de Gorbatchev se veut global et radical : la perestroïka ne se limite pas à l’économie, elle concerne aussi le système politique, la société, les relations internationales. A travers elle, Gorbatchev cherche à associer la population à la vie politique, instiller une dose de démocratie en URSS, rendre l’économie soviétique plus performante.

Pour susciter l’adhésion des Soviétiques à ses réformes, il propose d’instituer la "glasnost" (transparence) par le libre accès des citoyens à l’information. En quelques années, des réformes de fond bouleversent le pays. Les réformes rencontrent un écho dans une société aspirant au changement. La censure est progressivement levée. Les journaux et les revues multiplient révélations et réflexions critiques sur les périodes antérieures ; les émissions de télévision osent enfin aborder des sujets jusque-là tabous : l’alcoolisme, la drogue, la délinquance, les privilèges de la classe dirigeante… Pour asseoir son pouvoir sur une base constitutionnelle, il crée la fonction de président de l’URSS, élu par un nouveau parlement élargi, le Congrès des députés du peuple, issu d’élections en partie libres. L’élection, en mars 1989, de ces députés au scrutin secret, avec des candidatures multiples, marque une étape décisive dans l’évolution politique soviétique vers la démocratie.

D’importantes réformes économiques sont engagées : un secteur privé apparaît dans le commerce et les services en janvier 1988. Une nouvelle législation foncière (mars 1989) introduit une décollectivisation partielle de la terre, offrant aux paysans la possibilité de louer la terre avec des baux de 50 ans. Mais à peine 1 % des paysans profite de ces nouvelles mesures.

II.2. L’échec de la perestroïka : la chute du communisme en URSS

Les réformes suscitent à la fois le scepticisme et l’opposition : le scepticisme de la majorité de la population, l’opposition conjuguée de la classe dirigeante qui sent ses privilèges menacés et de l’intelligentsia qui souhaite au contraire une accélération des réformes. Les réformes économiques aggravent la crise que connaît l’économie soviétique depuis le milieu des années 1970. La perestroïka, entreprise de modernisation, est synonyme de suppression progressive des postes de travail inutiles, de rentabilité, de chômage. Les salaires ne suivent pas la hausse des prix, les grèves se multiplient. La production industrielle s’effondre : moins de 25 % entre 1985 et 1990.

D’autre part, la glasnost stimule le désir d’autonomie et d’indépendance chez les populations des pays baltes, de l’Ukraine et des républiques du Caucase, où des mouvements nationaux se développent. Contenues jusque-là par le régime soviétique, les tensions explosent : les républiques baltes, rattachées en 1940 par la force des armes à l’URSS, sont les premières à proclamer leur indépendance (mars-mai 1990). Cinq ans à peine après le début de la perestroïka, six des quinze Républiques soviétiques (Estonie, Lituanie, Lettonie, Moldavie, Georgie, Arménie) ont déjà proclamé leur autonomie ou leur indépendance. L’URSS ne tarde pas à éclater de l’intérieur. Gorbatchev qui s’est refusé à employer la force pour maintenir la domination soviétique, est critiqué par beaucoup de Soviétiques qui lui reprochent d’avoir bradé le communisme. Le 13 mars 1990, le Congrès des députés du peuple abolit le rôle dirigeant du parti communiste.

Elu président du Parlement de la Fédération de Russie (le 29 mai 1990), Boris Eltsine préconise le passage immédiat à l’économie de marché, soutient les Républiques contre l’Etat central, milite pour la souveraineté de la République de Russie au sein de l’URSS. La décomposition du régime s’accélère en 1991. Le 12 juin, Eltsine est élu au suffrage universel président de la république de Russie. En décembre 1991, dix républiques d’URSS dont la Russie et l’Ukraine forment une Communauté des Etats indépendants (CEI), qui succède à l’ex-URSS. Le 25 décembre, Gorbatchev est contraint de démissionner.

II.3. La chute du communisme en Europe de l’Est

L’évolution de la situation politique en URSS n’est pas sans conséquences dans le bloc communiste. En effet, dans les pays de l’Est soumis à la domination soviétique, l’annonce de la perestroïka a provoqué des réactions mitigées parmi les dirigeants communistes. Ils savent que s’engager dans la voie de la libéralisation en rendant la parole à la population, c’est risquer de voir le régime communiste remis en cause. C’est en Pologne que s’amorce le mouvement qui, en moins d’un an, fait éclater le bloc communiste. Décidé à sortir de l’impasse politique que connaît la pays, le général Jaruzelski, encouragé par l’URSS, organise des élections libres (juin 1989). Un nouveau gouvernement est formé, dirigé par un non-communiste. En 1990, le chef du syndicat Solidarnosc, Lech Valesa, est élu président de la République.

La Hongrie abandonne le marxisme-léninisme (mai 1989) et annonce des élections libres. Il y a plus grave pour la cohésion du bloc soviétique : la Hongrie accepte que des Allemands de l’Est, réfugiés à l’ambassade de la RFA à Budapest, puissent gagner l’Autriche voisine. C’est une brèche dans le "rideau de fer". L’ouverture du "rideau de fer", à la frontière austro-hongroise, en mai 1989, a des conséquences politiques cruciales sur l’évolution de la situation en RDA. Durant l’été, près de cent mille Allemands de l’Est saisissent l’occasion pour passer à l’Ouest. Les dirigeants Est – allemands font ouvrir le mur de Berlin le 10 novembre et annoncent des élections libres. L’URSS laisse faire, ses troupes stationnées en RDA n’interviennent pas. Les élections libres de février-mars 1990 voient la victoire des chrétiens-démocrates et ouvrent la voie à la réunification. Dès le 3 octobre 1990, les deux Allemagne fusionnent et reforment un Etat peuplé de 78 millions d’habitants. Entre-temps (novembre-décembre 1989), l’exemple allemand provoque l’effondrement des régimes communistes en Tchécoslovaquie, en Bulgarie et en Roumanie. Le président roumain, Ceausescu, est exécuté.

Au sommet soviéto-américain de Malte en décembre 1989, Gorbatchev confirme l’irréversibilité des changements intervenus au sein du bloc soviétique. : « Chaque peuple a le droit de choisir sa propre destinée ». Mais la désagrégation rapide du bloc soviétique en Europe de l’Est rejaillit sur l’URSS elle-même, soumise à des tensions nationales de plus en plus fortes.

Le bloc soviétique n'est plus qu'un souvenir. Les organes de fonctionnement du bloc soviétique, CAEM et le Pacte de Varsovie disparaissent à leur tour (juillet 1991). Ces disparitions entérinent la fin de la tutelle soviétique sur l’Europe orientale.

II.4. La Russie héritière de l’URSS

La Russie héritière de la puissance soviétique, de ses forces et de ses faiblesses économiques, de ses moyens militaires, en particulier nucléaires, de sa politique étrangère, qui n’est plus influencée par l’idéologie marxiste.

A l’égard de l’Ouest, et surtout des Etats-Unis, les Russes manifestent un mélange de sympathie et de méfiance. La préoccupation majeure touche aux relations avec l’Asie. Dans le Caucase (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie), les conflits bien plus complexes, d’origine religieuse, territoriale, ethnique ou politique, nuisent à l’image internationale de la Russie. L’islamisme influence les populations musulmanes de Russie. C’est tout particulièrement la cas parmi les Tchétchènes qui tentent depuis 1991 d’obtenir leur indépendance. La Russie n’est plus une superpuissance. Elle reste cependant une puissance régionale qui dispose encore d’une influence internationale.

 

Conclusion :

L’effondrement de l’URSS est un événement majeur de la fin du 20ème siècle tant il représente la fin d’un modèle ou d’une construction idéologique. Il entraîne de ce fait l’instauration d’un nouvel ordre international au centre duquel se trouvent les Etats-Unis. Un monde nouveau apparaît dans lequel les progrès du désarmement éloigne la menace d'une guerre générale mais les conflits localisés n'ont pas disparu.

Cependant une interrogation demeure : Peut-on parler d’un ordre sécurisant ?

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Commentaires (1)

1. Vanessa 15/06/2015

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