La question du Moyen-Orient de 1945 aux débuts des années 2000

La question du Moyen-Orient, de 1945 aux débuts des années 2000

(par le Professeur Darius ENGUENGH)

 

Le Moyen Orient constitue un foyer de tensions très important depuis 1945 pour deux raisons essentiellement : d’une part la naissance en 1948 de l’Etat d’Israël dont l’existence est contestée par les pays arabes voisins, d’autre part la présence au Moyen Orient des réserves de pétrole les plus importantes et les plus faciles à exploiter du monde.

Cette question ne peut être traitée dans le cadre des rapports entre les deux blocs dans la mesure où les enjeux y dépassent ceux de la guerre froide

Par Moyen Orient nous entendons les pays d’Asie occidentale qui bordent la Méditerranée orientale : Turquie, Liban Israël et ceux situés plus à l’Est : Syrie, Jordanie, Irak, Arabie Saoudite, différents émirats et autres petits Etats (Koweit, Bahrein, Qatar, E.A.U., Oman, Yemen) ainsi que l’Iran. On y ajoute volontiers l’Egypte pour des raisons géopolitiques (même si elle appartient au continent africain).

N.B. La religion dominante y est l’islam et une grande majorité de ces pays sont des pays arabes (mais ce n’est pas le cas de la Turquie ni de l’Iran).

 

I.Les problèmes israélo-palestiniens

1.Quelle est l’origine des problèmes actuels ?

Au début du XXe s la Palestine est un territoire peu peuplé, occupé par des Arabes et administré par l’Empire Ottoman. On n’y trouve que quelques très faibles minorités juives.

Mais depuis la fin du XIX e siècle quelques intellectuels européens ont formé le projet de créer un un foyer pour le peuple juif : ce mouvement est appelé le sionisme (fondateur Théodore Herzl).

A la fin de la Première Guerre Mondiale l’empire ottoman la Palestine passe sous contrôle britannique : des colons juifs commencent à s’y installer et achètent aux Arabes des terres de peu de valeur qui leur sont vendues sans difficulté.

2.Quelle est la situation après la Seconde Guerre Mondiale?

Les Occidentaux sont culpabilisés par la découverte du génocide juif. C’est pourquoi ils vont appuyer le projet sioniste. Mais c’est oublier que la terre qu’on promet aux Juifs rescapés des camps est déjà celle des Arabes de Palestine.

De là va naître un conflit aux multiples rebondissements entre Juifs et Arabes.

L’O.N.U. en 1947 va dans ce sens en votant une résolution qui institue un plan de partage de la Palestine en 2 Etats : un Etat juif et un Etat arabe ; la ville de Jérusalem aura un statut international.

3.La naissance d’Israël et la première guerre israélo-arabe.

Le 14 mai 1948 l’Etat d’Israël est proclamé. Les Arabes de toute la régions n’acceptent pas ce plan de partage qu’ils estiment totalement injuste : ils sont 30 millions coalisés contre les 650 000 habitants d’Israël. Pourtant c’est une déroute pour les armées arabes.

Cette première guerre israélo-arabe se solde par le départ massif des Arabes de Palestine qui se retrouvent soit au Sud dans la bande de Gaza (contrôlée par l’Egypte) soit en Cisjordanie (contrôlée par la Jordanie).

4.La crise de Suez (1956) et la guerre des « Six Jours » (1967).

En 1956 c’est Israël qui attaque l’Egypte de Nasser L’avancée israélienne est très rapide dans le désert du Sinaï mais la pression internationale est trop forte : Israël rend le Sinaï.

La situation ne va pas s’améliorer pour autant : en mai 1967 en 6 jours les Israéliens occupent le Sinaï, Gaza, la Cisjordanie , Jérusalem-Est et le Golan. Tant que les pays arabes ne reconnaîtront pas son existence Israël ne rendra pas ces territoires peuplés d’Arabes.

Le Conseil de Sécurité de l’ONU adopte à l’unanimité la résolution 242 réclamant le retrait israéliens des territoires occupés (résolution qui n’a toujours pas été appliquée )

5.De la guerre du Kippour (1973) à la paix partielle (1978).

Rien n’est donc réglé. Les Palestiniens qui s’étaient réfugiés dans des camps dans les pays voisins sont maintenant sous contrôle israélien, à Gaza, en Cisjordanie et dans le Golan ; ils sont ulcérés.

L’O.L.P. se radicalise fait du terrorisme international son moyen de lutte.

En octobre 1973 les Syriens et les Egyptiens attaquent Israël pendant la fête du Grand Pardon (Yom Kippour) : l’effet de surprise est total. Les armées israéliennes reculent au Sinaï et dans le Golan mais une contre-offensive israélienne a lieu dans le Sinaï.

A partir de là l’Egypte d’Anouar El sadate va accepter de négocier avec Israël : cela débouchera sur les accords de Camp David de septembre 1978 : L’Egypte est le premier pays arabe à reconnaître Israël. Israël s’engage à évacuer le Sinaï (ce qui est fait en 1982).

6.L’impossible règlement ?

En 1988 l’OLP proclame l’existence d’un Etat palestinien, reconnaît les résolutions de l’ONU (celle du plan de partage et la 242 sur l’évacuation des territoires occupés), condamne le terrorisme.

Sur ces bases des négociations de paix vont pouvoir enfin s’engager directement. Elles aboutissent en septembre 1993 à une poignée de main historique entre Yasser Arafat et Itzhak Rabin (Premier ministre israélien) à Washington.

Un grand pas symbolique a été franchi : la reconnaissance mutuelle des deux Etats mais le processus de paix s’avère plus compliqué que prévu.

Cela explique que l’on ne soit toujours pas parvenu à faire la paix même si l’idée fait son chemin qu’il faudra bien un jour vivre avec ces deux Etats imbriqués sur le terrain.

 

II. Les autres problèmes du Moyen Orient

Ils sont essentiellement liés à l’enjeu que représente cet espace qui regorge de pétrole et dont les réserves en hydrocarbures sont considérables.

Les principaux pays pétroliers de la zone sont les suivants : Arabie Saoudite (25% des réserves mondiales), Iran (9% des réserves mondiales), Emirats Arabes Unis (10% des réserves mondiales), Koweit (9% des réserves mondiales),Irak (11% des réserves mondiales), etc.

Le Moyen Orient représente un petit 1/3 de la production mondiale mais 2/3 des réserves prouvées. Il recèle un pétrole d’excellente qualité et facile à exploiter (beaucoup plus facile que dans les régions froides ou en pleine mer).

Le pétrole du Moyen Orient est donc essentiel pour tous les grands pays industrialisés même si depuis le 1er choc pétrolier de 1973 ils ont essayé de diversifier leurs fournisseurs, de faire des économies d’énergie ou de trouver des énergies alternatives (nucléaire…).

De plus les « pétrodollars », c’est-à-dire l’argent gagné par les magnats du pétrole dans la monarchie saoudienne et les petits Etats du golfe (Koweit, EAU, Qatar, Bahrein) se sont largement investis dans les pays industrialisés dans le secteur bancaire ou dans l’immobilier notamment.

Le grand pays le plus dépendant de ce pétrole est les Etats-Unis : sa réaction face à la révolution iranienne en 1979, à l’agression du Koweit par l’Irak en 1990, au régime de Saddam Hussein en 2003 est dès lors plus compréhensible.

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