Biographie de Joseph Ambourouè Avaro

Biographie de Joseph AMBOUROUE-AVARO, un historien gabonais.

(Port-Gentil, le 14 mars 2009)

 

Réalisé par :

- FOLIVI ROPIVIA Lionel

- KEMBA Excellent

- MAROUNDOU MBOUROU Shelly

- MBANA Hans Warren

- MBOUNGOU KOUMBA Caleb

- MOUTETE NDZENGUE Pacôme Garcia

- NGWABYT Jessy Lise

- PLACCA MBOUROU Christina

Superviseurs :

- BOUASSA Alain Rodrigue, Professeur Documentaliste

- MOUSSOUNDA Fidèle, Professeur d’Histoire-Géographie

- OGOULA ENOMBO Alain D., Professeur d’Histoire-Géographie

 

 

Introduction

Dans le cadre des "Journées du souvenir de Joseph AMBOUROUE- AVARO", le Club AGONDJO OKAWE a initié un concours d’exposés inter-établissements portant sur "Joseph AMBOUROUE-AVARO, un historien gabonais". Notre lycée, représenté par les élèves des classes de troisième matérialise sa participation par le présent travail.

Peu connu des Gabonais, les recherches sur ce fils du bas-Ogooué, disparu prématurément, n’ont pas été aisées tant il n’y a que très peu de traces écrites à son sujet à ce jour.

Pour mener notre étude, nous nous sommes posés les questions suivantes :

- Qui était Joseph AMBOUROUE-AVARO ?

- Quels souvenirs garde-t-on de lui ?

Ces questions ont constitué l’ossature de notre travail.

Tout au long des pages qui suivent, nous avons exploré Joseph AMBOUROUE-AVARO sous trois axes principaux, à savoir :

- Joseph AMBOUROUE-AVARO, l’homme ;

- Joseph AMBOUROUE-AVARO, l’homme de science ;

- Joseph AMBOUROUE-AVARO, l’engagé.

Comme tout travail exploratoire, qui de surcroît est mené par des élèves, nous nous excusons d’avance pour les insuffisances que le jury aura à constater, et nous sollicitons de ce fait son indulgence.

 

I. Joseph AMBOUROUE-AVARO, l’homme.

1. La date, le lieu de naissance et le décès.

Joseph AMBOUROUE-AVARO est né à Port-Gentil, le 17 août 1934, de Pierre-Auguste AVARO et de Flavienne NWENIMBA. Il est l’aîné d’une famille de quatre enfants. C’est dans le cadre familial, et sous le regard bienveillant de sa mère, qu’il se forge sa personnalité. A en croire ses proches, Joseph était quelqu’un de souriant et d’intègre .

Joseph AMBOUROUE-AVARO disparaît tragiquement le 17 novembre 1978 à 44 ans dans un accident d’avion dont il était aux commandes, entre Port-Gentil et Libreville. Les recherches de l’épave de l’avion ont duré trois jours. Seuls les corps de Joseph et d’un passager ont été retrouvés. Les trois autres passagers ont été portés disparus. Joseph AMBOUROUE-AVARO repose au cimetière central de Port-Gentil. Les circonstances du crash de l’avion n’ont jamais été élucidées .

2. Les parcours scolaire et professionnel.

Joseph AMBOUROUE-AVARO entreprend ses études primaires dans les années 1940 à l’école Mont-Fort de Libreville. Il en sort nanti du diplôme du Certificat d’Etudes Primaires et Elémentaires (CEPE). C’est au collège BESSIEUX qu’il poursuit ses études jusqu’à l’obtention du baccalauréat série D. Il opte pour des études de médecine. Sur les conseils d’un oncle qui trouve qu’il n’y a pas suffisamment d’Enseignants pour développer le pays et d’Historiens pour retracer la mémoire collective, il embrasse des études supérieures en Histoire à l’université de la Sorbonne à Paris .

Joseph AMBOUROUE-AVARO obtient une bourse d’Etat pour étudier en France. Pour des raisons extra-universitaires, cette bourse lui est supprimée. Il doit compter alors sur ses propres forces. C’est en travaillant qu’il décroche brillamment, son diplôme d’études supérieures en Sciences Politiques et son Doctorat 3e cycle d’Histoire devenant ainsi le premier historien gabonais. Il démarre sa carrière professionnelle en France aux lycées de Chauny et Nogent-Le-Rotrou où il enseigne l’histoire et la géographie .

Rentré au Gabon en 1969, Joseph AMBOUROUE-AVARO enseigne au Lycée National Léon MBA, ensuite à l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) et enfin à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de L’Université Nationale du Gabon .

Dans l’exercice de ses fonctions, «il fit la preuve, selon ses collègues, ses élèves et ses étudiants, de sa compétence pédagogique, de la maîtrise de sa matière et de son cours, de la rigueur de sa pensée et de son honnêteté intellectuelle malgré les conditions difficiles de travail ».

En 1975, il est nommé par les autorités politiques Doyen de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines. Malgré ses compétences administratives, Joseph AMBOUROUE-AVARO n’occupera pas longtemps ce poste. A la suite d’une grève déclenchée par les étudiants pour protester contre leurs mauvaises conditions de vie et d’études, il est remercié puis nommé Directeur de la Coopération universitaire, un poste purement formel dans la mesure où il ne disposait même pas de bureau .

3. La situation matrimoniale.

Joseph AMBOUROUE-AVARO était marié et père de six enfants. En effet, le 17 septembre 1977 en toute intimité, il convole en justes noces avec Alphonsine KAVIO MPAGA.. De leur union naîtra deux enfants (Achille REBELA OZOUA AMBOUROUE-AVARO, né en 1975 et Michael RONOMBIGOUA AMBOUROUE-AVARO, né en 1976) . Mais avant d’épouser Alphonsine, Joseph avait déjà des enfants :

- Patricia AMBOUROUE-AVARO, née en 1965 ;

- Anne Elisabeth NGWIWENGA AMBOUROUE-AVARO, née en 1967

d’une mère anglaise rencontrée lorsqu’il était étudiant ;

- Suzanne NKOLO AMBOUROUE-AVARO, née en 1973 ;

- Yves MBANIE AMBOUROUE-AVARO, né en 1975.

 

II. Joseph AMBOUROUE-AVARO, l’homme de science.

1. L’œuvre.

Joseph AMBOUROUE-AVARO a appartenu à la première génération des Gabonais qui ont entrepris de reconstruire le passé de leur pays. Sa principale œuvre est tirée de sa thèse de Doctorat 3e Cycle : Un peuple gabonais à l’aube de la colonisation : le Bas-Ogowè au XIXe siècle, publié à titre posthume en 1981, aux Editions Karthala.

Dans cette œuvre, l’auteur s’attache à situer la crise culturelle qui a accompagné la colonisation et la difficulté des Gabonais à reconstruire leur personnalité. « AMBOUROUE-AVARO a opéré une véritable percée qui a permis de mieux appréhender la vision interne des sociétés africaines et la logique de leur évolution ». L’ouvrage de Joseph AMBOUROUE-AVARO «dégage le sentiment d’un combat urgent et nécessaire à mener pour rendre la primauté, dans un cadre évidemment chargé, aux valeurs d’usage et à la convivialité, caractéristiques des cultures et des sociétés africaines ».

L’étude de Joseph AMBOUROUE-AVARO est d’une importance avérée. C’est le premier travail réalisé par un historien gabonais. En outre, sans l’avoir clairement formulé, l’auteur insiste sur la nécessité de revenir sur les valeurs ancestrales pour bâtir le Gabon.

Reconnaissant les mérites de cet homme de science, le monde de l’éducation lui a témoigné sa reconnaissance en baptisant de son nom, d’une part à Port-Gentil une école à cycle complet de près de 1000 élèves et un lycée public qui accueille 3 300 élèves ; et d’autre part à Libreville, un foyer à l’université Omar BONGO.

2. Les projets de recherche.

Brillant enseignant d’histoire, Joseph AMBOUROUE-AVARO était aussi un chercheur émérite. Il entama une profonde réflexion sur différents sujets :

- La périodisation de l’histoire africaine ;

- Les indices de datation que contient la tradition orale ;

- Les grandes lignes de l’histoire du Gabon ;

- Une possible comparaison entre les structures des sociétés de la Grèce archaïque et celles des sociétés africaines.

Toutes ces pistes de recherche ne furent, malheureusement, pas menées à terme, ce qui ne l’a pas empêché de faire des communications aux différents colloques ou conférences internationaux auxquels il participa.

 

III. Joseph AMBOUROUE-AVARO, l’engagé.

1. L’étudiant militant.

Joseph AMBOUROUE-AVARO a milité dans de nombreux mouvements étudiants en France tels que l’Association Générale des Etudiants du Gabon (AGEG) et la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (FEANF). Son militantisme lui a valu des démêlés avec les autorités gabonaises. En effet, il était courant, que les militants de ces organisations estudiantines subissent des suppressions de bourse malgré leurs réussites universitaires alors que d’autres qui cumulaient les échecs, mais qui étaient bien vu, continuaient à en bénéficier .

Joseph AMBOUROUE-AVARO et ses compagnons de lutte dénonçaient la gestion calamiteuse du pays, notamment les dénis de démocratie et les injustices sociales qui gangrenaient la société gabonaise. Très tôt, il avait compris le lien entre la démocratie et le développement.

Les compagnons de lutte de Joseph en France étaient Gaston MWENDOGO qui a préfacé son ouvrage, Jean TCHILE, Pierre-Louis AGONDJO-OKAWE, Pierre-Claver AKENDENGUE, Jean-Pierre NZOGHE NGUEMA, ELOI RAHANDI CHAMBRIER et bien d’autres. Certains de ses compagnons, une fois rentrés au pays, ont rallié le pouvoir.

Comment comprendre l’engagement de Joseph AMBOUROUE-AVARO lorsque nous connaissons les liens qui l’unissaient au pouvoir ? Un jeune homme que tout prédisposait à un avenir prometteur, voire politique tant son père, Pierre Auguste AVARO, était un baron du régime, sous le président Léon MBA. En critiquant le pouvoir en place, il prenait le risque de s’attirer les foudres de son père. Ce qui prouvait son attachement aux idéaux de démocratie, de développement et de justice.

2. L’intellectuel engagé.

Le retour au pays n’a pas entamé la détermination de Joseph de voir s’établir au Gabon une société juste. Il était conscient des mauvaises conditions de vie de ses compatriotes. Ses prises de position n’ont pas toujours été appréciées par le pouvoir.

En 1972, «il échappa de peu à la vague d’arrestations qui, sous prétexte d’un complot communiste, fut suivie de l’emprisonnement des feux Joseph RENDJAMBE et Pierre-Louis AGONDJO-OKAWE, et d’un certain nombre d’étudiants. Il subit alors, comme d’autres, les interrogatoires musclés du redoutable policier français Georges CONAN et des pressions de toutes sortes. Mais rien n’y fit. Il fit preuve de sa force de caractère et ne céda à aucune compromission ».

Ses anciens compagnons de lutte affirment qu’avec l’ouverture démocratique au Gabon, il aurait continué la lutte pour défendre les idéaux auxquels il était attaché.

 

Conclusion

Au terme de notre étude, nous voulons saluer l’initiative du «Club AGONDJO OKAWE» qui, en lançant ce concours d’exposés inter-établissements, nous a permis de mieux connaître Joseph AMBOUROUE-AVARO.

De cet illustre fils du Gabon, nous retenons :

- son brillant parcours scolaire et professionnel ;

- les valeurs qu’il défendait (liberté, travail, intégrité, solidarité,

justice, entraide…).

A cet égard, Joseph AMBOUROUE-AVARO devrait servir de modèle pour les générations actuelle et future.

 

Sources et Bibliographie

I. Les sources

1. Les sources orales

- Eugénie AKOSSIWA DICKEWU, sœur de Joseph AMBOUROUE-AVARO.

- Paul NKOMBE, frère de Joseph AMBOUROUE-AVARO.

- Josiane NKOMA, belle-sœur de Joseph AMBOUROUE-AVARO.

- Achille REBELA AMBOUROUE-AVARO, fils de Joseph AMBOUROUE-AVARO.

2. Les sources écrites

- Mandji y’Orungu : http://www.mandji.net/ambouroue.shtml

- Le Flambeau, Journal du lycée Joseph AMBOUROUE AVARO, N° 007 d’avril 2007

 

II. La bibliographie

- Joseph AMBOUROUE-AVARO : Un peuple gabonais à l’aube de la colonisation. Le bas-Ogowè au XIXe siècle. Paris, Karthala, 1981, 285 p

- METEGUE N’NAH Nicolas, Communication sur l’Histoire du Gabon, UOB, 2006.

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Commentaires (1)

1. MBOUGOU Caleb 25/12/2014

Oooh... vous avez mal écrit mon nom! C'est MBOUGOU et non MBOUNGOU

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